Afrique

Au Liberia, l’impunité des criminels de guerre

La campagne présidentielle n’aura pas levé les tabous de la guerre civile, près de quinze ans après sa fin

Le terrain de basket du lycée Saint-Peter jouxtant l’église luthérienne du même nom recouvre un cimetière oublié. Sous le revêtement cimenté gisent 600 corps. Pas de croix. Seules deux étoiles en pierres, symboles muets incrustés dans le sol, et une petite plaque de marbre cassée coincée entre deux voitures garées sur le parking de cette église de Monrovia rappellent le drame qui s’est joué ici le 29 juillet 1990.

Le massacre de ces centaines de civils est sans doute l’un des pires crimes de masse commis durant les années de guerre civile (1989-2003) qui ravagèrent le Liberia, tuant plus de 200 000 personnes et jetant la moitié des 4 millions d’habitants sur les routes. Peu s’en soucient dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest placé sous le signe de l’impunité. «Nos messes commémoratives réunissent peu de gens», reconnaît Henry Korpu, 51 ans, qui travaillait déjà à l’église à l’époque des faits.