Rétrospective 

Roger Federer, l'hymne à la joie

L’année 2017 restera comme l’une des plus belles saisons de la longue et riche carrière de Roger Federer. Parce qu’il revenait de blessure et d’une pause de six mois. Parce qu’à 36 ans, il réussit encore à nous faire croire que cela ne s’arrêtera jamais

Travailler pour Le Temps est toujours une chance et parfois un privilège, comme lorsqu’il vous est permis de passer en 2017 huit semaines au contact de Roger Federer. Cela n’a rien à voir avec l’idolâtrie, encore moins avec le chauvinisme, et tout avec la possibilité d’observer de près l’un des sportifs les plus marquants du XXIe siècle. Au contraire du football, les stars du tennis demeurent des personnalités accessibles, dans le cadre certes codifié des tournois.

La première chose qui frappe chez Federer, c’est le plaisir. Le plaisir d’être là, le plaisir de jouer au tennis. Cela peut paraître banal; ça ne l’est pas lorsqu’on pratique de manière professionnelle depuis près de vingt ans, lorsqu’on a disputé 1382 matchs officiels, gagné 95 titres, amassé 112 millions de dollars (uniquement en prize-money). Imaginez-vous vous réveiller aux côtés de votre conjoint(e) avec le même émerveillement qu’il y a vingt ans. Federer et le tennis, c’est ça: un mariage qui dure, un amour qui ne s’étiole ni ne se fane.