Théâtre

Omar Porras et le Teatro Malandro offrent un printemps de feu à la Cité Bleue à Genève

L’artiste d’origine colombienne et sa troupe s’installent à la Cité Bleue, théâtre de 320 sièges où s’est illustrée naguère l’avant-garde théâtrale et chorégraphique. Il y reprend son «Eveil du printemps», spectacle qui fouette le sang et marque la peau

Une page d’histoire. Dans la vie d’Omar Porras, dans celle de ses fidèles, ceux qui ont découvert ses masques et ses postiches il y a vingt ans, sur la dalle d’un garage transformé en théâtre à Genève. Mardi soir, à la Cité Bleue, cette salle de 320 places logée dans le giron de la cité universitaire, amis et admirateurs se pressent en légion. Omar Porras prend officiellement possession des lieux. Et c’est un rêve qui s’accomplit: désormais le Teatro Malandro, sa troupe, a son toit et sa scène.

Comment ouvrir cette ère? Par un spectacle qui frappe, pardi. Par un titre qui soit un talisman aussi. Omar Porras a choisi de reprendre L’Eveil du printemps, créé au Forum Meyrin à l’automne 2011 (lire LT du 15.11.2011); de faire couler encore une fois le sang noir de Frank Wedekind (1864-1918), cet auteur qui écrit du côté des enfants déchirés du puritanisme. Neuf acteurs jouent la nuit, l’adolescence en rut, les bois déniaisés, les cimetières marins.