Autopsies

A Lausanne, Silke Grabherr, vedette de la médecine légale, fait parler les morts

La nouvelle directrice du Centre universitaire romand de médecine légale a mis au point une technique permettant de visualiser les vaisseaux sanguins d’un mort. Cette idée à laquelle personne ne croyait est désormais utilisée partout dans le monde. Histoire d'une percée qui confirme l'excellence lausannoise en criminologie

Il est des idées folles auxquelles personnes ne croit. Jusqu’au jour où l’on réalise qu’elles pourraient engendrer une véritable révolution. Silke Grabherr, fraîchement promue à la tête du prestigieux Centre universitaire romand de médecine légale et de ses quelque 150 collaborateurs, en sait quelque chose. Sa méthode d’angiographie post-mortem permet d’investiguer le système vasculaire d’une personne décédée de manière détaillée grâce à l’imagerie médicale. Elle est aujourd’hui une technique de référence dans le monde entier.

Mieux qu’une autopsie traditionnelle, elle permet d’identifier précisément la source d’une hémorragie. Un avantage qui peut s’avérer déterminant en cas de suspicion d’erreur médicale, ou de lésions vasculaires par agression à armes blanches. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il aura fallu beaucoup de persévérance à cette jeune femme de 36 ans pour réussir à imposer ce qui est désormais considéré comme un «gold standard» en médecine légale.