Le Temps: Votre marque est l’un des partenaires fondateurs du nouveau championnat de Formule E. Qu’espérez-vous en tirer?

Stéphane Linder: Nous sommes proches du sport automobile depuis toujours. Nous avons sponsorisé la Scuderia Ferrari (1970-1979) et sommes sponsors de l’écurie McLaren depuis 1985. Nous sommes aussi le chronométreur officiel du championnat de Formule 1, ainsi que des 500 Miles d’Indianapolis (depuis 2004). Il était donc naturel que nous souhaitions faire partie de ce nouveau défi. C’est nouveau, innovant, c’est à l’avant-garde: exactement là où nous entendons positionner notre marque. Nous nous sommes engagés pour quatre saisons avec la Formule E, mais je ne donne aucun chiffre sur le montant investi. Sachez simplement que, comparé à la F1, c’est quinze à vingt fois moins.

De quelle nature est-il, ce défi?

Avec ce projet, le sport auto retrouve un peu de cet esprit pionnier qui a fini par disparaître de la F1... qui s’est tellement professionnalisée. L’idée, c’est que le pilote sera beaucoup plus important que sa machine: c’est sa performance qui fera la différence et pas l’inverse. Il y a aussi un pari technologique. Dans les années à venir, il faudra améliorer les batteries des Formule E, accroître leur autonomie. Un laboratoire intéressant.

Au début, le championnat sera confidentiel...

Oui, mais ce n’est pas le principal. Car son format unique (des courses au centre des villes et pas sur des circuits dédiés) nous intéresse au plus haut point. Chaque épreuve sera un événement, et je pense que le public urbain, branché, connecté, sensible à l’écologie, peut apprécier cet aspect des choses. Après tout, ces Formule E préfigurent peut-être les voitures propres de demain. Et puis nous misons aussi sur le public jeune qui pourra suivre les courses et les pilotes via les réseaux sociaux.