Revue de presse

Les 10 bonnes raisons d’aimer/haïr la Saint-Valentin

La fête de l’amour ne fait pas que d’heureux «valentinophiles». Mais on a quand même choisi quelques merveilleux bavardages anodins et extatiques qui parent les médias en ce 14 février, ainsi que des photos à frissonner de bonheur. With love

1. Les «chocolats du devoir»

Commençons par les Nippons, ce sont toujours les plus étonnants, dans les traditions, fussent-elles les moins convaincantes du monde. 24 heures et la Tribune de Genève nous apprennent ainsi que#MeToo n’y a rien changé et qu’en terres japonaises, ce sont les femmes qui «doivent gâter leurs collègues masculins le 14 février». Rien à voir avec l’amooooour, donc, puisque ça se fait au boulot et que c’est une «obligation sociale» comme on n’en connaît guère que dans l’Empire du Soleil levant. Ces dames, au sein de leur entreprise, sont tenues d’offrir des «chocolats du devoir» à leur voisin mâle de bureau et même au patron. De «fardeau financier et psychologique» – «J’ai toujours peur de commettre un impair», dit Tomoko en son grand magasin – cela peut devenir une vraie corvée.


Mi-été à Sydney, on prend le ferry:


2. Chandelles ou crampons

En France (et sans doute un peu en Espagne aussi), le leitmotiv du jour est que le choix va être «cornélien», ce soir. Ainsi, Le Monde a appris tout à fait incidemment que «conter fleurette» n’ira pas de soi, parce que le PSG et le Real Madrid n’ont rien trouvé de mieux que de s’affronter aujourd’hui! Alors, inévitablement, certains «seront devant la télévision pour regarder un match de football» et «c’est sûr que renverser la bière et les chips sur le canapé en beuglant avec les copains», ce sera «un grand moment». Pendant ce temps, dans d’autres salons, il y aura sans doute «une jolie table, des bougies, quelques mets choisis, du champagne peut-être, […], des bavardages anodins qui deviennent des discussions, des mains qui se frôlent à nouveau, des rires parfois. Se poser et, un temps, redécouvrir celle ou celui qu’on croise le soir et le matin, à côté de laquelle ou duquel on ronfle entre les deux.»


Au Mexique, des millions de fleurs:


3. Faudrait-il l’interdire?

«C’est tellement commercial, cette Saint-Valentin.» La rengaine annuelle des grincheux qui sont un peu les mêmes, au début de novembre, à vomir Halloween, veut que ça ne devrait même pas exister, cette «bringue». Et que l’amour, c’est tous les jours. Ou jamais. Alors c’est simple: interdisons, comme dans un Etat fort. «Au Pakistan, par exemple», lit-on sur le site de BFMTV, «une décision de la Haute Cour d’Islamabad de 2017 interdit les festivités publiques de la Saint-Valentin. Une décision rappelée début février par l’autorité pakistanaise de régulation des médias, qui enjoint à ne pas en faire de publicité. Dans ce pays musulman qui reste très conservateur, la Saint-Valentin est perçue comme une célébration de «l’immoralité, de la nudité et de l’indécence».»


Les Thaïlandais adorent:


4. Les vraies excuses pour ignorer ça

«Et si l’on arrêtait de fêter la Saint-Valentin?» propose France 3. Il y a «trois bonnes raisons de faire l’impasse». D’abord, au Moyen Age, le 14 février «était la fête de l’amour extraconjugal, pas exactement le mythe de l’amour courtois. D’où le terme de «valentinage», pour dire «libertinage». Ensuite, oser dire non sans s’inventer «une allergie au chocolat ou aux pétales de roses», c’est admettre une bonne fois pour toutes qu'«un bouquet de fleurs tout au long de l’année reste bien plus rock’n’roll que le 14 février». Conclusion: «Si vous êtes vraiment fainéant, choisissez peut-être d’honorer […] le jour où vous avez plongé dans son regard revolver pour la première fois et passez une soirée Netflix» ce soir.


Réitération des vœux à Bangkok:


5. N’aimez pas, rompez!

Torturé par l’angle qui décoiffe, le HuffingtonPost.fr a décidé de nous «parler de… rupture. Car oui, on connaît tous cette mésaventure au moins une fois dans sa vie. C’est long, c’est douloureux, et ça a même de réels effets sur votre corps.» Le journal en ligne a donc «listé les sensations et désagréments qu’un gros chagrin d’amour pouvait provoquer», avec «quelques astuces pour se rétablir plus vite». Pour les connaître, il faut regarder cette vidéo:


6. Faut-il coucher?

On est d’accord: la fête «suscite autant d’attentes que de rejets». C’est Télé Liège qui le dit. Et des statistiques à la hache aussi: «La Saint-Valentin ne serait célébrée que par un couple sur deux.» Alors, pour celles et ceux qui aiment ça, comment faire pour «ne pas rater» le rendez-vous, «comment passer à travers» les tabous du romantisme qui excluent de passer rapidement de la table au plumard? Bref, comment faire pour ne pas «hypothéquer sa relation amoureuse»? Une sexologue, Sylvie Loumaye, a sorti tous ses accessoires pour illustrer les conseils qu’elle donne dans son petit film.


Manille, où Dieu est Amour, est cadenassée:


7. Modernisons le concept!

Pour faire moderne, hypercontemporain et numériquement correct, Le Figaro se demande s’il faut «sceller son amour dans la blockchain». Question d’éviter les traditionnelles crétineries de l’ancien monde, type «roses rouges» ou «dîner aux chandelles». Fort. Il faut donc acheter un «cryptocadeau». «Le Valentine Coin donne droit à un certificat numérique dans lequel inscrire un message d’amour. La transaction, enregistrée sur la blockchain, sera gravée pour l’éternité.» Ça coûte 24 euros et «à moins d’un piratage […], impossible de l’en déloger.» Oui, attention, «il est impossible de revenir sur le nom de l’heureux élu ou heureuse élue, une fois l’achat effectué. La blockchain empêche tout retour en arrière et le nom sera sauvegardé» tant qu’elle existera, la blockchain. Mieux vaut être fidèle.


M. et Mme Knierim (USA) patinent à Pyeongchang:


8. Aimez plutôt votre chat

On trouvera aujourd’hui «tout un tas d’articles […] sur différents médias plus ou moins subversifs (généralement plutôt moins que plus d’ailleurs), vous enjoignant à boycotter cette journée débile inventée pour les ploucs. Mais personne ne le fera avec autant d’amour» que le rédacteur du site LeBonbon.fr, avec – on ne se moque pas – son chat. Ce jour, «personnellement», ne lui «fait ni chaud ni froid», vu que sa «seule compagnie», c’est donc le minet. Résumé des courses: «Si j’ai choisi – je dis bien choisi, ne croyez pas que je sois une victime du célibat – ce mode de vie, c’est pour la simple et bonne raison que je hais mes semblables, d’une haine aussi crasse que la crasse qui recouvre les trottoirs et les murs de Paris. Et quand je constate, effaré, ce que vous prévoyez de faire pour célébrer ce jour si banal, je me dis que j’ai raison, et j’ai envie de pleurer.»


Audace urbanistique à Beyrouth:


9. Lettre à l’époustouflante

Pour Simon Frenkel, troubadour franco-folk qui s’exprime dans Arcinfo, «on a beau dire que la Saint-Valentin est la florissante fête des fleuristes, qu’elle ne sert à rien puisque l’on s’aime chaque jour, que c’est une célébration discriminatoire pour les célibataires et les couples dont l’amour est un désert, que c’est vraiment manquer d’originalité que d’acheter, comme preuve d’amour et à jour fixe, une boîte de chocolats, un bon pour un massage ou une rose à Cheb Ali, que les plans restau’avec un menu spécial sont impersonnels, que c’est un jour de travaux forcés qui devrait être une joie légère des cœurs festifs, n’empêche! […] Sans être dupe de la norme conjugale que la Saint-Valentin impose sous la forme d’une communion collective consumériste avec son fatras de fourre-tout, […] il nous appartient d’en faire une routine ou un rituel.» Et de lui déclarer: «Mon époustouflante, je t’aime encore et à nouveau.»


Oui, à Kaboul aussi:


10. Divorcez gratuitement!

«Un cabinet d’avocats de l’Arkansas a trouvé la meilleure idée pour faire parler de lui»: il offre un «divorce gratuit» pour la Saint-Valentin», indique enfin Le Journal de Québec. «Prix» que l’on peut gagner en participant à un concours, «Etes-vous prêt à jeter l’éponge?» Le patron pensait «à faire ce genre de tirage depuis des années», mais il ne voulait «pas paraître offensant». Et maintenant que c’est fait, «les gens voient la publication et rigolent. Et, peu importe qui gagne, la personne rit aussi parce que c’est ce qu’elle veut.» Question finale, donc: «A quand une compagnie de crème glacée qui donne ses produits aux personnes en peine d’amour?»

Et ce sera tout pour ce jour béni/maudit, en Suisse et dans le monde, à notre connaissance.

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