Festivals en mémoire

En 1989 au bord du lac, «La Mer» de Trenet transporte le Paléo

Lors de la dernière édition du festival à Colovray, le fou chantant avait transcendé les générations. Tous les mercredis de l’été, notre chroniqueur revient sur quelques grands moments des festivals, en relisant les articles du «Journal de Genève» et de la «Gazette de Lausanne»

Les plus tout jeunes festivaliers, comme les draps qui s’en souviennent dans la chanson d’Il Etait une fois, ont en mémoire ce temps béni d’avant l’Asse… Lorsque le Paléo Festival se déroulait sur un terrain loué à côté de la piscine de Nyon, jusqu’en 1989. Année radieuse, comme si le Dieu Météo avait «senti que ces derniers concerts sur la plaine de Colovray, il fallait en profiter au maximum», écrivent le Journal de Genève et la Gazette de Lausanne.

Et c’est alors que surgit, au début de la soirée du vendredi 28 juillet, un cri d’enthousiasme: «C’est fantastique d’être avec autant de jeunes. J’ai composé cette chanson-là il y a cinquante ans. J’en ai 76!» Suivit un «tonnerre d’applaudissements», dans les mains de «près de 20 000 spectateurs tétanisés d’admiration». Charles Trenet, «le fou chantant, hors toute mode si ce n’est la sienne», venait d’offrir au bord du lac «le plus grand moment d’émotion que l’on ait vécu ici en 14 festivals».

La recette de ce tabac? «Un jeune né soixante ans après Trenet» nous l’avait alors confiée: «On ne peut pas ne pas l’aimer. Ecoutez ses chansons: elles expriment tout le bonheur sur Terre. Il faudrait aujourd’hui que tout le monde chante «Y’a d’la joie». Ce devrait être un culte pour les générations à venir» que cette injonction lancée par le Narbonnais, déjà un vieux monsieur, mais avec cette pêche incroyable qui transporta la plaine.

Les festivaliers contemporains semblent avoir compris le message, qui ne cultivent pas précisément la tristesse au cours de la semaine nyonnaise en l’Asse, vingt-sept ans plus tard. Plus d’un quart de siècle après ces clameurs de «la, la, la» que nous avons toujours dans l’oreille. Le public de 1989 ne connaissait pas toujours les paroles. Mais la musique de «La Mer», de «Douce France» ou de «Fidèle», ça, oui, ils l’avaient vraiment dans leur patrimoine génétique.


Chroniques précédentes

Publicité