Revue de presse

Le 2 août 1934, après la mort d'Hindenburg, Hitler s’arroge les pleins pouvoirs à Berlin

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Il y a 83 ans ce mercredi qu’a eu lieu le tournant qui enclenchait la machine de guerre du IIIe Reich

«Paul von Beneckendorff und Hindenburg, feld-marschall, président du Reich, s’est éteint jeudi matin à 9 heures, dans sa propriété de Neudeck, chargé d’honneurs et d’années»: voilà ce qu’annonce à la une la Gazette de Lausanne du 3 août 1934 après la disparition qui allait ouvrir un boulevard politique à son chancelier, Adolf Hitler. Le quotidien rappelle longuement ses hauts faits d’armes, «une activité guerrière» qui «ne datait pas d’hier», avec sa participation aux campagnes contre l’Autriche en 1866 et aux guerres de 1870 et de 14-18.

Une incertitude générale qui pèse

Mais surtout, à la fin de son article, la Gazette annonce qu’Hitler a alors décidé de s’arroger les pleins pouvoirs, il y a 83 ans ce mercredi. En conséquence, en Allemagne, «dans toutes les classes de la population, on a le sentiment que la mort du maréchal président ajoutera à l’incertitude générale qui pèse à l’heure actuelle si lourdement sur le pays», écrit-elle, au moment où celui qui occupe la chancellerie de Berlin depuis une année et demie promulgue la loi qui le rend plénipotentiaire, cumulant les postes de président et de «premier ministre» du Reich.

Le Journal de Genève, lui, parle de cette trouble époque en termes d’«épopée national-socialiste», où la relation entre le vieil Hindenburg et «celui dont l’étoile se levait» ne semblait pas constituer un «trop mauvais ménage» après que le maréchal dut lui confier la chancellerie, «bon gré, mal gré», même s’il «entendait n’avoir aucun commerce avec lui». Et il ajoute ces propos: «Hitler a multiplié les signes de déférence, de respect et d’affection» et l’on voyait les deux hommes «se serrer la main avec effusion» après la victoire des nazis lors des élections fédérales allemandes de la République de Weimar de novembre 1932.

Le Journal précise aussi que si «la popularité du maréchal pouvait avoir décru sous l’influence de certains nationaux-socialistes», «elle n’en restait pas moins très grande»: «On vantait sa conscience, sa simplicité, sa droiture et sa bonté, ses talents de soldat surtout. On n’a pas publié moins de 222 livres sur lui.» Par contre, «l’histoire des rapports entre le président Hitler et ses lieutenants n’a pas encore été, croyons-nous, complètement écrite; elle sera curieuse à lire.» Croyons-nous… Le signataire de ces lignes, «Be.», ne croyait en effet pas si bien dire.


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