Opinion

Un second tunnel au Gothard, une nécessité dictée par la sécurité

Il est irresponsable de laisser poids lourds et voitures se croiser dans un tunnel long de 17 kilomètres, affirme le conseiller aux Etats PLR vaudois Olivier Français. Le percement d’un second tube au Gothard est donc la seule solution durable

Le 28 février, le peuple est appelé à se prononcer sur la décision du Parlement qui a accepté la loi autorisant la réalisation d’une voie par sens de circulation dans deux tubes séparés au Gothard.

L’enjeu central de cette votation repose en priorité sur la sécurité. Actuellement, le trafic circule dans un seul tube et sans bande d’arrêt d’urgence. Il est irresponsable de nos jours de laisser des poids lourds et des véhicules de tourisme se croiser à près de 80 km/h dans un tunnel long de 17 km. On dénombre une victime en moyenne par an sur ce tronçon, ce qui, en termes statistiques, est énorme. La proposition parlementaire est donc conforme aux exigences de sécurité déjà appliquées pour la quasi-totalité du réseau autoroutier de notre pays ainsi que pour les tunnels ferroviaires de grande dimension. Cette solution est pour moi la seule qui garantit durablement, sur cet axe routier, la sécurité des usagers et la qualité de notre réseau.

Des centaines de millions perdus

L’axe du Gothard par le rail et la route est un élément central dans la circulation des personnes et des biens entre le Nord et le Sud de la Suisse. Pour notre économie et notre population, plus particulièrement pour des régions comme le Tessin, il est nécessaire de rénover le tunnel actuel en limitant l’entrave à la circulation afin de garantir un réseau routier concurrentiel. Des secteurs économiques tels que le tourisme, le marché intérieur ou l’exportation doivent pouvoir bénéficier de cette mobilité. En cas de fermeture du tunnel, on estime la perte financière à plusieurs centaines de millions de francs par année pour les régions limitrophes. Rappelons que la Constitution oblige la Confédération à sauvegarder les intérêts de l’économie nationale, à contribuer à la prospérité et à la sécurité économique du pays. C’est bel et bien cette responsabilité que nous souhaitons assumer en proposant le percement d’un second tube.

Pas de flux supplémentaires

La loi qui est contestée ne remet pas en cause l’article constitutionnel qui régit les traversées alpines. Elle spécifie clairement que chacun des deux tunnels ne pourra accueillir qu’une seule voie de circulation. Le second tube ne générera donc pas de flux supplémentaire et seule une décision populaire pourrait modifier la Constitution.

Voter non aurait des conséquences environnementales importantes. En effet, ce serait accepter que le tunnel soit fermé pendant les 3 ans de travaux de rénovation et donc être contraints d’assumer un report de trafic très important par les cols alpins et la globalité du réseau des routes nationales. On estime que 10 à 20% du trafic du Gothard seraient reportés sur le réseau romand, plus particulièrement sur l’axe Villeneuve-Lausanne qui est déjà saturé. De plus, l’option de ferroutage qui devrait être mis en place nécessiterait de créer d’importantes zones de triage, équivalant à 20 terrains de football, pour transborder les véhicules sur les trains.

Le coût n’est pas prohibitif

Les travaux pour la rénovation du tube existant et le percement d’un nouveau tunnel sont devisés à 2,8 milliards. Ces coûts correspondent en proportion aux montants engagés pour d’autres travaux d’entretien du réseau autoroutier. A titre d’exemple, la réfection de 12 km de l’A9 entre Lausanne et Chexbres a coûté près d’un milliard. Le rapport coût-bénéfice d’un deuxième tube au Gothard n’est pas prohibitif en comparaison avec les chiffres précités.

Pas d’amalgame

Il y a lieu de ne pas faire un amalgame entre le financement du second tube du Gothard et d’autres objets tels le contournement de Morges ou du Locle – La Chaux-de-Fonds, qui eux sont en attente d’une décision effective du Parlement, puis du peuple. En l’état, le financement du tunnel du Gothard est déjà prévu dans le cadre du Fonds d’infrastructure adopté en 2008. En revanche, les projets précités, une fois validés, seront financés par un nouveau fonds (FORTA). L’un ne péjorera donc pas l’avenir de l’autre.

En conclusion, cet investissement permettra de garantir la sécurité pour les usagers, d’éviter de lourdes pertes économiques, de préserver notre environnement et d’assurer une infrastructure durable et de qualité pour la Suisse et les générations futures.

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