Chronique

La réalité virtuelle, vecteur d’empathie

La réalité virtuelle, en permettant au spectateur de s’immerger dans une actualité lointaine serait-elle vecteur d’empathie? Chronique d’Emily Turretini

La réalité virtuelle fait d’abord penser aux jeux vidéo, mais cette nouvelle technologie intéresse de près les journalistes et s’annonce comme un nouveau média à part entière. Elle permet de traiter l’actualité en téléportant (ou presque) le spectateur au cœur d’un événement, le sensibilisant à un niveau encore jamais égalé.

La démocratisation par Google

La démocratisation de cette technologie, nous la devons à Google. Qui propose un masque en carton baptisé «Google Cardboard», vendu à très bas prix (dès 19 francs en Suisse), permettant à chacun de tenter l’expérience de l’immersion totale dans une destination virtuelle. Il suffit de télécharger les applications «Vrse» et «Jaunt» et de choisir une vidéo. Visionné sur son smartphone à travers le masque, le film en 3D offre une vue à 360%. L’effet est vertigineux.

En visitant un camp de réfugiés dans le court-métrage Clouds over Sidra, en passant une journée au côté d’un fermier de l’Iowa confronté aux changements climatiques et économiques dans le documentaire Harvest of Change ou en se baladant avec Bill et Chelsea Clinton en Afrique pour découvrir leurs projets philanthropiques dans le film Inside Impact, nous nous retrouvons dans des situations de proximité avec les protagonistes et, à chaque fois, mieux aptes à réellement comprendre ce qu’ils vivent.

L'offensive du New York Times

Mardi passé, le New York Times a annoncé un partenariat avec Google pour envoyer un million de masques en carton à ses abonnés le 7 novembre prochain et le lancement d’une nouvelle application, «NYT VR». Les lecteurs pourront dès lors faire l’expérience de l’immersion virtuelle dans un documentaire intitulé The Displaced.

Le film suit le quotidien de 3 enfants déplacés de leur pays (Soudan, Ukraine et Syrie). Selon Jake Silverstein, éditeur du NY Times Magazine, «Nous souhaitons que nos lecteurs puissent vraiment comprendre ce que vivent ces enfants… Ce qui leur arrive est tellement éloigné de nos propres vies, nous pensons que c’est la meilleure manière de faire comprendre toute la portée de leur situation.»

Walk a mile in my shoes. Pouvoir se mettre à la place de l’autre et ressentir de l’empathie, c’est toute la promesse de la réalité virtuelle dans les reportages.

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