Cinéma

Golden Globes: Donald Trump, vexé, répond par tweet à Meryl Streep

Celui qui sera intronisé président des Etats-Unis le 20 janvier a été la cible, jamais nommée, de cette cérémonie qui a récompensé la diversité et l’ambition. Et sacralisé l’excellente Isabelle Huppert

Bien sûr, il y a la déception helvétique: l’artisanal «Ma vie de courgette» dévoré par le géant Disney, «Zootopie», pour le prix de la meilleure animation. Sinon, rien à redire. La soirée des Golden Globes, dans la nuit de dimanche à lundi, a récompensé des œuvres audacieuses, ambitieuses, adultes. Deux films ont dominé ce palmarès: «Elle», de Paul Verhoeven (meilleur film étranger et prix d’interprétation pour Isabelle Huppert) et «La La Land» (sept prix, dont deux d’interprétation à Ryan Gosling et à Emma Stone), hommage flamboyant au cinéma et au jazz, avec une scène d’ouverture d’anthologie. Retenez le nom du cinéaste qui a réalisé cette comédie musicale saluée par une quinzaine de prix du public: Damien Chazelle, surdoué franco-américain de 31 ans, ce qui fait une belle place à l’Europe.

Personnage sadique

Jamais cité, mais omniprésent, Donald Trump a été la cible de la soirée. Pour le Hollywood démocrate, c’était l’occasion de dire son aversion pour le milliardaire qui n’a toujours pas réussi à convaincre des artistes de renom pour animer sa soirée d’investiture le 20 janvier. Jimmy Fallon, maître de cérémonie, a ouvert le feu en affirmant que «les Golden Globes étaient la dernière institution qui respecte encore le vote populaire» et en comparant le successeur de Barack Obama au roi Joffrey de «Game of Thrones» personnage sadique et détestable.

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L’ultime Cérémonie

Hugh Laurie («Docteur House») lui a emboîté le pas en évoquant les «derniers Golden Globes». «Je ne veux pas être sombre. C’est juste qu’il y a les mots «Hollywood», «étranger» et «presse» dans le titre de la Hollywood Foreign Press Association qui forme le jury» a-t-il ironisé. Puis, Meryl Streep – qui s’est souvent grimée en Donald Trump – s’est amusée à nommer l’origine étrangère de tous les acteurs et actrices présents dans la salle, sans qui le cinéma américain n’existerait pas, avant de se faire plus personnelle et acerbe.

La lauréate du Cecil B. DeMille pour l’ensemble de sa carrière a rappelé la performance, bien réelle, qui l’a laissée bouche bée cette année, ce «moment où la personne qui voulait s’installer à la place la plus respectée du pays a imité en plein meeting un journaliste handicapé lors de sa campagne présidentielle». La patronne du cinéma hollywoodien a alors précisé: «L’irrespect amène l’irrespect. La violence incite à la violence.»

Donald Trump lui répond

Un speech qui a impressionné Jacques Attali qui a tweeté: «Magnifique discours appelant la presse à défendre la vérité et les faibles face aux mensonges du plus puissant des Américains, le président.» Donald Trump, président vexé et tweeto compulsif, lui a répondu: «Meryl Streep, une des actrices plus surévaluée à Hollywood, ne me connaît pas mais m’a attaqué hier soir à la cérémonie des Golden Globes. Elle est une...»

Enfin, le coup de grâce a été porté par Isabelle Huppert. Après plusieurs «mercis» très émus, l’actrice d’«Elle» a lancé: «Il y a des gens du monde entier dans cette salle, de Chine, d’Amérique, d’Europe. N’attendez pas du cinéma qu’il dresse des murs et des frontières.»

Palmarès très afro-américain

Et comme pour saluer une dernière fois ce que furent les années Obama, les Golden Globes n’ont pas manqué d’honorer les prestations de plusieurs Afro-Américains. Donald Glover (la série «Atlanta»), Tracee Ellis Ross (série comique «Black-ish») et Viola Davis (actrice dans «Fences» de Denzel Washington) ont reçu un prix d’interprétation, tandis que le Golden Globes du meilleur film dramatique est allé à «Moonlight» de Barry Jenkins, l’histoire d’un Afro-Américain gay à Miami. Le prix de la meilleure série dramatique, qui aurait pu aussi être le prix de la meilleure synthèse, est revenu à «American Crime Story», soit le procès historique de O-J. Simpson qui a divisé l’Amérique sur les questions raciales.

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