Espace

Thomas Pesquet, l’astronaute ultraconnecté

Hyperactif sur Twitter, le dixième cosmonaute français est devenu la coqueluche des internautes. Ce qui ferait presque oublier son activité scientifique

Même perché à des milliers de kilomètres de la Terre, Thomas Pesquet reste ultraconnecté. L’astronaute français de 38 ans est même davantage connu pour son activité trépidante sur Twitter que pour ses découvertes. Samedi dernier, Le Monde le qualifiait de «médiatique VRP (représentant de commerce) d’une mission scientifique contestée». Depuis le 17 novembre, Thomas travaille à bord de la Station spatiale internationale. Ses expériences l’occupent à mi-temps. Le reste de la journée, il photographie la Terre vue du ciel pour le bonheur ses quelque 367 000 abonnés que l’espace continue de fasciner.

«Spationaute 2.0»

Loin du cliché du scientifique isolé dans sa capsule oxygénée, @Thom_astro est l’archétype du «spationaute 2.0». Depuis le début de sa mission de six mois baptisée Proxima, il filme et capture son quotidien au téléobjectif. Ce, en plus des entretiens qu’il accorde aux chaînes de radio et de télévision françaises. Lorsqu’il s’aventure dans l’espace pour la première fois le 13 janvier dernier, c’est avec une caméra vissée sur la poitrine. «C’est trop bien pour le garder pour soi!» lançait-il après-coup à Franceinfo, radio pour laquelle il est «correspondant spatial». Les vidéos tournées en haute définition restent inédites à ce jour. Ce qui n’empêche pas Le Gorafi de s’en amuser: «Après un selfie ayant mal tourné, Thomas Pesquet à la dérive à 5 km de la station spatiale internationale.»

Le quotidien en orbite

Mercredi, on découvrait les pousses de salade que lui prépare sa cuisinière @AstroPeggy. «Elle s’occupe de nos laitues pour l’expérience veggie – et oui, on les mange!» se réjouit l’astronaute. «Sont-elles bio, ces belles laitues?» s’interroge @Bistanclaque. «Rassuré de savoir qu’il y a un projet d’envoi de véganes dans l’espace», plaisante @realcamacho2017.

Il y a aussi la version «Thomas fête le Nouvel An en apesanteur», Thomas regarde le XV de France ou encore Thomas soutient Initiatives-cœur, qui vient en aide aux enfants atteints de maladies cardiaques. Une mise en scène dont il contrôle les moindres détails.

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Et sa stratégie de communication se veut interactive. Perdu dans l’espace, il joue au jeu des devinettes, photos à l’appui. «J’ai besoin de votre aide pour identifier cette ville la nuit, photographiée pendant un survol de l’Europe sur une ligne Paris-Varsovie…» lançait-il le 17 février.

Rebelote le 19 février: «Quizz rapide: qu’est-ce que c’est? Un nouvel indice toutes les 10 min!» Thomas Pesquet partage également sa playlist préférée avec ses fans. De Justice à Kavinsky en passant par Crystal Castles ou Pony Pony Run Run: un morceau par jour, en fonction du lieu survolé, toujours accompagné du hashtag #songs4space.

Comme un héros qui voudrait faire rêver le commun des mortels, Thomas s’essaie parfois au tweet poétique. Un enrobage qui accompagne ces paysages grandioses, sublimés par la distance, qu’il présente aux internautes. Il s’agit tantôt d'«effets marbrés dans l’hiver canadien», tantôt du «tapis scintillant qui défile sans interruption» lors d’un vol de nuit. Parfois, le «vent sculpte les dunes de sable sur une plage au sud du Brésil». Au Kenya, «des nuages jaillissent d’une crevasse invisible» pour former un monde magique.

Il fut un temps où la chienne Laïka était l’unique témoin muet d’une aventure spatiale inédite. Aujourd’hui, ce sont des milliers de personnes qui suivent et commentent en direct les faits et gestes du dixième cosmonaute français devenu émissaire prisé au chevet de l’univers. «Thomas, avez-vous pu faire une photo au-dessus de Fukushima pour voir l’état de la centrale?» demandait encore mercredi @vincent_julien. L’astronomie au service de tous est une petite révolution dans le milieu. Elle ne manque pas de faire jaser.

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