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Des entreprises qui vivent du traitement de l’information sont devenues plus puissantes que celles qui travaillaient dans le pétrole auparavant. Elles ont désormais un pouvoir d’influence jamais atteint.
© Sean Gallup / Getty Images

EDITORIAL

En 2018, la guerre est froide et numérique

EDITORIAL. Alors que Facebook a banni une firme qui a manipulé les électeurs lors du Brexit et de l’élection présidentielle américaine, la Russie apparaît en première ligne dans la propagande 2.0

En juillet dernier, une commission parlementaire américaine a interrogé les représentants des grandes entreprises du Web. Les sénateurs voulaient savoir ce qui s’était passé sur les réseaux sociaux pendant l’élection présidentielle. Il a été alors demandé au responsable présent de Facebook si son entreprise ne s’était pas posé des questions quand elle acceptait des publicités politiques en roubles à un moment décisif pour le pays.

C’est le cœur du problème. Des entreprises qui vivent du traitement de l’information sont devenues plus puissantes que celles qui travaillaient dans le pétrole auparavant. Elles ont désormais un pouvoir d’influence jamais atteint. Mais leur manque de civisme fait qu’elles ne se posent jamais la question de la responsabilité qui découle d’une telle puissance quand tout à coup les choses tournent mal. Et leur naïveté les empêche de voir qu’elles sont manipulées par des forces plus retorses qu’elles.

Vendredi, en catastrophe, Facebook a banni la sulfureuse Cambridge Analytica de sa plateforme. Cette dernière avait siphonné des dizaines de millions de profils d’utilisateurs. L’affaire était connue mais deux médias de portée globale, le Guardian et le New York Times, s’apprêtaient à révéler de nouveaux faits à ce sujet. Facebook a subitement préféré prendre les devants, mais le scandale durait depuis des années. Cambridge Analytica a notamment eu un rôle décisif dans le vote sur le Brexit en Grande-Bretagne. Les faits, c’est justement ce que craignent le plus ces opérateurs, comme cette firme et d’autres. Eux n’ont pas besoin de faits, ils veulent simplement que les électeurs votent comme ils le souhaitent.

Lire aussi: Données siphonnées sur Facebook pour servir la campagne de Trump

La connexion avec la Russie dans ces affaires n’est pas toujours aussi aisée à prouver que lorsque des roubles servent à payer pour de la publicité politique sur les réseaux sociaux. Mais il apparaît évident que le Kremlin s’est lancé dans la guerre de l’information, une propagande 2.0 qui nécessite peu de moyens mais produit des effets considérables. Ce dernier en maîtrise les moindres aspects et ses troupes numériques agissent dans l’ombre pour déstabiliser d’autres pays. Après les Etats-Unis, les élections françaises en 2017 ont été la cible de tentatives de manipulations sur le Web. Le Front national, financé par des prêts consentis par des banques russes, a espéré bénéficier de la force de frappe des pirates du Web russes. Mais la sauce n’a pas pris cette fois-là.

En ce week-end d’élections en Russie, rien ne semble pouvoir entraver la confirmation de la suprématie de Vladimir Poutine. Ce dernier et Theresa May se renvoient à la figure des diplomates à cause de l’affaire Skripal, comme au bon vieux temps de la Guerre froide. Sauf que cette guerre-là est numérique et que la Russie a un coup d’avance.

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