L’idée de cette première chronique de 2020 m’est venue lundi, au musée parisien du Grand Palais. L’exposition consacrée au Greco y fait le plein depuis l’automne. Paris était gris. Le ciel était plombé. Une fine pluie balayait les trottoirs. La morosité météorologique faisait écho à la morosité sociale française: sentiment d’horizon bouché, de brouillard qui ne parvient jamais à se dissiper malgré toutes les promesses gouvernementales de clarification sur la réforme des retraites qui sera présentée au Conseil des ministres le 24 janvier…

Et voilà qu’à l’intérieur du Grand Palais, entre les toiles du maître de Tolède, j’ai découvert la France que rêvent de rejoindre de nombreux salariés français. Le visage de cette France? Celui de ses enseignants à la retraite, parvenus quand même à rejoindre Paris depuis leur banlieue en attrapant l’unique train disponible de la matinée. Celui de ce couple de «seniors» montés de province, lui ancien cadre d’une compagnie d’assurances, elle ancienne secrétaire… Celui de cet ancien pompier, titulaire d’une carte de gratuité dans les transports et dans les musées.