Tout, dans Confusions (Ed. JC Lattès), devrait conduire le lecteur à désespérer, comme son auteure, du président français. Marie Tanguy emploie, dans son récit autobiographique, les vrais prénoms de ceux qu’elle côtoya en 2016-2017 au sein de la cellule «idées» au QG d’En Marche, ce mouvement aux initiales d’Emmanuel Macron lancé dans le seul but de l’installer à l’Elysée.

Marie, la narratrice, a conservé dans l’ouvrage son vrai prénom. Tout comme ceux de Jean, Ismaël, Quentin, ou Stéphane… que cette ex-collaboratrice du très social-démocrate patron de la CFDT Laurent Berger, s’évertua à comprendre – en vain – pendant des semaines. Deux ans se sont écoulés et les identités des intéressés peuvent donc être dévoilées, car le récit – Le Temps l’a vérifié auprès de deux d’entre eux – est avéré. Voici, racontée par celle qui les vit prendre d’assaut les électeurs, puis l’Elysée, la campagne d’Ismaël Emelien (le communicant-stratège, devenu ensuite conseiller politique du président), Quentin Lafay (l’ex-auteur de ses discours), Stéphane Séjourné (aujourd’hui eurodéputé macronien) et Jean Pisani-Ferry, l’économiste inspiré demeuré, avec beaucoup de dignité, à l’écart du pouvoir.