La règle de la double majorité, introduite dans la Constitution de 1848, faisait partie d’un compromis plus large destiné à rallier les cantons catholiques conservateurs, défaits dans la guerre du Sonderbund, au projet d’Etat fédéral. En offrant à une majorité de cantons un droit de veto sur les changements constitutionnels, cette règle protégeait les minorités et servait de garde-fou contre le risque de centralisation galopante des compétences au profit de la Confédération. Avec le bicamérisme intégral, la règle de la double majorité symbolise la combinaison opérée à l’époque entre le principe démocratique («une personne, un vote») et le principe fédéraliste («un canton, un vote»).

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