Revue de presse

Le 26 juillet 1996, le terrorisme frappe aux Jeux olympiques d’Atlanta

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Il y a vingt et un ans aujourd’hui, les Jeux du centenaire étaient endeuillés par un extrémiste chrétien

Il y a vingt et un ans, le parc du Centenaire, à Atlanta, fait la une de l’actualité «olympique» avec deux morts et 111 blessés lors des Jeux olympiques d’été. Car le 26 juillet 1996, un attentat à la bombe est perpétré par Eric Robert Rudolph, un proche des mouvements religieux chrétiens extrémistes hostiles au gouvernement fédéral, qui sera arrêté après la diffusion de ce portrait-robot, puis condamné à la prison à vie:

Prémonitoire? Trois jours après – et un peu plus de cinq ans avant le 11-Septembre –, le rédacteur en chef du Nouveau Quotidien, Jacques Pilet, se demande «quel est l’homme politique qui aura le courage de dire à ses concitoyens qu’il leur faut apprendre à vivre durablement avec la conscience d’inéluctables menaces». C’est que «les blessures sudistes» étaient «encore présentes», et certains citoyens, à Atlanta, avaient par exemple trouvé «intolérable» que l’ex-boxeur «Mohamed Ali ait pu porter la torche olympique»…

Pour l’éditorialiste, «outre les bricoleurs criminels de l’intérieur, des réseaux professionnels et internationaux subsistent». Alors, «le sang-froid permet à la fois de se préserver contre la déprime collective et de réduire l’audience que recherchent les poseurs de bombes». Comme on dirait aujourd’hui: rester debout, ne pas avoir peur.

Mais les JO sont aussi perçus à la une du Journal de Genève et Gazette de Lausanne comme «la vitrine d’une nation qui doute, victime d’une violence surgie de ses entrailles». Une «terreur» qui révèle «les défaillances du lien social américain et les ruptures intestines de la première puissance mondiale». Pour la combattre, le quotidien libéral préfère préconiser, «en deux mots, plus d’Etat au lieu de moins d’Etat».

Françoise Weilhammer, l’éditorialiste du jour, constate que «quelques heures après l’attentat […], un record du monde a été battu», lors d’une épreuve reine des JO, le 100 m, par le Canadien Donovan Bailey en 9 s 84: «A la lâcheté du poseur de bombe répond la force du sprinter.» Oui, «le spectacle continue, il ne sera pas dépassé par la réalité», malgré une partie de l’opinion qui réclamait un arrêt des Jeux par respect des victimes.


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