Parmi les habitant·e·s du canton de Genève, un quart subit aujourd’hui plus que jamais des nuisances sonores qui dépassent les normes fédérales, et ce malgré un large recours au revêtement phonoabsorbant sur le réseau routier cantonal. Le canton détient ainsi le triste record du plus mauvais élève de Suisse en matière de bruit routier. Bonne nouvelle, il semble s’être enfin résolu à agir et à appliquer les normes de l’Ordonnance fédérale sur la protection contre le bruit. Les centaines de dérogations et procédures en la matière ont été gelées. Maintenant, il est grand temps de passer à la vitesse… inférieure!

Le bruit est un problème majeur de santé publique qui engendre de nombreuses maladies. Celles-ci ont coûté en 2017 en Suisse plus de 1,5 milliard au système de santé. Des études démontrent qu’une réduction de vitesse de 50 à 30 km/h permet une diminution du bruit moyen de 3 dBa, correspondant à une réduction «perçue» de moitié du trafic. A l’impact positif sur la pollution sonore vient s’ajouter l’avantage sécuritaire: sur dix piétons renversés à 50 km/h, seuls trois survivent; à 30 km/h, neuf piétons sur dix auraient la vie sauve. S’appuyant sur ces constatations, le canton a décidé de prévoir divers abaissements de vitesse selon les zones (au sens de la loi pour une mobilité cohérente et équilibrée LMCE) et selon les axes (quartiers, localités, axes structurants ou ceinture urbaine). Dans ce cadre, le Département des infrastructures a lancé une procédure de consultation qui vient de se clore.