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Entreprise de robotique. Angleterre, 9 mai 2018.
© Matt Cardy/Getty Images

Opinion

La 4e révolution industrielle au service du développement

OPINION. L’économie numérique transforme le monde. Il faut s’assurer que cela ne creuse pas davantage les inégalités, écrit le secrétaire général de la Cnuced, qui accueille cette semaine à Genève la Commission de la science et de la technologie au service du développement

Après deux décennies de progrès, la «4e révolution industrielle» est en marche avec des technologies de pointe, meilleures, moins chères, plus rapides, plus évolutives et plus faciles d’accès que jamais. Elles convergent sur les plateformes numériques et induisent des changements brusques dans de nombreux secteurs. La portée des avantages à en tirer est d’une ampleur inimaginable.

Quand les pays sont confrontés à une telle rupture, ils doivent s’assurer qu’elle n’entraîne pas une polarisation de la société assortie d’une hausse des inégalités. Mais cette rupture ne sera pas indolore pour tout le monde. Aux Nations unies, nous reconnaissons que la technologie est un outil au service des ambitieux objectifs de développement durable adoptés en 2015.

Il existe plusieurs façons de le faire: l’analyse des métadonnées permet par exemple d’anticiper l’apparition de maladies mortelles. Les imprimantes 3D sont utilisées dans les camps de réfugiés pour créer des prothèses sur mesure et peu chères. L’intelligence artificielle permet de lire les scans numériques plus finement que les médecins, qui peuvent alors se consacrer aux soins pour lesquels le contact humain est clé.

Le rôle des gouvernements

La plupart de ces réalisations sont rendues possibles grâce à la numérisation de technologies, à l’accès plus large au haut débit et à la forte réduction du prix des ordinateurs. Le coût d’un gigaoctet de capacité de stockage sur disque dur est maintenant d’environ 0,02 $, alors qu’il dépassait 400 000 $ en 1980. Et pourtant, il y a un risque sérieux que des milliards de personnes dans les pays en développement restent à l’écart de ce nouveau monde. Les recherches de la Cnuced montrent que de nombreux pays en développement peinent à combler leur retard dans les champs des technologies fondamentales. Dans les plus pauvres d’entre eux, seulement une personne sur six a accès à la Toile.

Le coût d’un gigaoctet de capacité de stockage sur disque dur est maintenant d’environ 0,02 $, alors qu’il dépassait 400 000 $ en 1980

Mais l’accès à ces technologies n’est qu’un aspect du problème. Le développement exponentiel des technologies de pointe rend la transition qu’elles ont déclenchée plus rapide que par le passé. S’il a fallu des décennies pour que les organisations sociales s’ajustent aux changements économiques liés à la technologie, aujourd’hui l’adaptation doit se faire très vite pour qu’un nouveau contrat social émerge à temps.

Au niveau national, l’intervention du gouvernement pour stimuler l’emploi est un point de départ évident. Investir par exemple dans les soins rémunérés pourrait absorber un grand nombre d’emplois pas facilement remplaçables avec la technologie. Ils peuvent avoir des effets multiplicateurs sur le nombre d’emplois créés.

Réunion à Genève

Deuxièmement, des réseaux de protection sociale modernes sont d’autant plus indispensables. Mais ils restent absents ou fragiles dans de trop nombreux pays. Troisièmement, les marchés publics peuvent être utilisés pour orienter les investissements vers des secteurs innovants ou des projets tournés vers la réalisation des objectifs de développement durable, comme les gouvernements se sont engagés à le faire.

Enfin, les gens devront apprendre tout au long de leur vie pour adapter leurs compétences et ainsi répondre à l’évolution des exigences professionnelles. Ce sera un élément essentiel de tout nouveau contrat social. Il est primordial de développer et d’améliorer les compétences numériques des personnes – en particulier des femmes et des jeunes filles.

Ces défis seront au cœur des débats de la Commission de la science et de la technologie au service du développement (CSTD) – qui se réunit en session annuelle du 14 au 18 mai 2018 à Genève. Accueilli par la Cnuced, cet organe intergouvernemental offre un forum aux gouvernements, qui peuvent ainsi s’engager avec la société civile, le monde universitaire et le secteur privé dans une réflexion globale sur les actions à mener pour s’assurer que le potentiel de la technologie en tant que tremplin pour le développement durable peut être réalisé.

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