Revue de presse

6-1: match de foot d’anthologie du Barça contre Paris SG

Incroyable retournement de situation mercredi soir au Camp Nou: le FC Barcelone a fini par renverser la vapeur au terme d’une rencontre ahurissante. La bande à Messi sera en quarts de finale de la Champions League

Remontada (ou remuntada en catalan) «au-delà de l’impossible»! Le Barça avait rêvé de remporter haut la main cette rencontre. Aplatis 4-0 lors de la rencontre aller par le Paris Saint-Germain en huitièmes de finale de la Champions League, les Catalans ont réalisé l’impensable au Camp Nou mercredi soir, en finissant par battre leurs adversaires par 6 à 1. Excusez du peu. Jamais dans l’histoire de l’UEFA une équipe battue 4-0 à l’aller ne s’était semble-t-il qualifiée pour le tour suivant, sur 170 cas recensés. Excusez du pas grand-chose.

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«Humiliation, honte, tragique, naufrage: les mots ne manquaient pas à la presse européenne pour qualifier jeudi le «naufrage tragique», donc l’élimination en Ligue des champions subie à Barcelone par un Paris SG fessé, qui pourrait connaître une période agitée», selon l’Agence France-Presse. Ce, alors que le commentateur de la radio de service public RNE, relayé par 20 minutes, annonçait déjà «un baby-boom dans 9 mois en Catalogne», après cette «gesta imposible» qu’il allait bien falloir fêter d’une manière ou d’une autre. Quant aux Parisiens, ils subissent déjà, sur Twitter comme ailleurs, des insultes ironiques aussi déplacées que désagréables:

Du côté de la presse française, les mots sont très durs. «Inqualifiable», écrivent ainsi L’Equipe et Le Parisien/Aujourd’hui en France (LPAF). «Par où commencer? Par quel(s) mot(s) raconter ce spectacle de désolation, cette ruine, cette honte qui traverse ceux qui aiment le PSG, le suivent, en vivent ou l’analysent?» se désole le LPAF, résumant le sentiment général de la presse française. «Paris est tragique», titre encore le quotidien sportif, allusion vache au slogan du club «Paris est magique», ajoutant dans son éditorial que «ce PSG-là n’a été à la hauteur de rien et en dessous de tout […] Le PSG est devenu une marque mondiale symbolisant l’échec. […] Il ne fallait pas monter aussi haut si c’était pour descendre aussi bas.»

Le Figaro en rajoute en parlant d’un «Paris écrasé, piétiné, humilié»: c’est un «fiasco historique», pour lui. Ouest-France n’est pas plus tendre, qui évoque un match «de cauchemar, de honte et d’humiliation». Quant aux Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), elles y voient «presque une faute professionnelle pour le PSG». Avec, en plus, un «doigt d’honneur de Jérémy Mathieu [qui] fait polémique»: «Blessé pour ce huitièmes de finale […] et absent de la feuille de match […], le défenseur français de Barcelone a brillé d’une autre façon après l’exploit des siens, à contempler cette photo publiée sur Instagram (en pull blanc, au deuxième plan à gauche):

«On imagine aisément que la plaisanterie n’a fait que modérément rigoler du côté de Doha, capitale du Qatar», souligne Libération, rappelant que «l’émirat a investi des centaines de millions d’euros dans le club, avec l’objectif ultime de gagner la Ligue des champions». On en est à des centaines de kilomètres. Donc «des têtes vont tomber, celle d’Emery (l’entraîneur) paraît évidente», croit savoir LPAF. «Connaissant l’intransigeance des dirigeants qataris, Unai Emery a du souci à se faire», préviennent les DNA.

Le contraire eût étonné, mais la presse espagnole est en revanche évidemment euphorique. «L’histoire de la Ligue des champions appartient désormais au Barça», se félicite Marca, qui titre sur une «remontada para la historia»; «les miracles existent», dit encore le quotidien spécialisé. Et pour As, l’autre journal sportif espagnol, «le Barça est entré dans l’histoire, en lettres majuscules»; «ils voulaient nous enterrer», c’est raté; «le sport réserve des moments historiques qui justifient d’attendre toute une vie»… Même pour un Madrilène:

«Le Paris SG n’oubliera jamais ce qui lui est arrivé le 8 mars 2017 […] à l’issue d’un match pour l’histoire, de ceux qui ne s’oublient jamais», estime de son côté le journal sportif catalan Sport: «El Barcelona toca el cielo con una histórica remontada.» Faut-il traduire? Certes non, comme il n'y a pas besoin de préciser le sens des éloges envoyés par La Vanguardia («para la historia», encore), El País («una eliminatoria apoteósica»), El Mundo (los mismos jugadores se levantaron de entre los muertos). Ou encore par le quotidien catalophone El Punt/Avui, qui dit simpement: «Gràcies.» Il suffit de voir les «unes» recensées par Courrier international pour bien mesurer la taille de l’événement, avec Messi comme «chef de guerre»:

En Angleterre, en Italie et en Allemagne, la performance de Barcelone a également été plus que remarquée. «Quelque chose de magique est arrivé. Quelque chose de totalement impensable. Et pourtant, Barcelone l’a fait», relève le Guardian. Pour le Sun, ce qu’a réalisé le Barça est tout simplement «le plus grand comeback de tous les temps». La Gazzetta dello sport, elle, parle «d’une remontée irréelle». Tandis que pour le Bild, «le miracle du Barça a réellement eu lieu» et que pour Kicker, c’était une vraie «tempête» au Camp Nou et sur les réseaux sociaux, particulièrement sur ce compte Twitter:

En Suisse, enfin, le Blick utilise les termes de «sensation» et d'«extase», alors que Le Matin annonce que «non, le Barça n’est pas mort», que sa victoire a «enflammé Twitter» et – contre toute attente – que «le PSG a rejoint le FC La Chaux-de-Fonds dans l’histoire»… en 1961, «à l’occasion du premier tour de la Coupe des vainqueurs de Coupe». Alors, un petit souvenir pour la bonne bouche?

«Lors du match aller à la Charrière, les Chaux-de-Fonniers […] s’étaient littéralement promenés face aux Portugais de Leixoes, s’imposant 6-2. Les chroniqueurs de l’époque ont même rapporté que le FCC aurait pu mettre «au moins dix buts». Bien leur en aurait pris, puisque au match retour, à Porto, les Chaux-de-Fonniers, trop sûrs de leur fait, se sont fait laminer 5-0 sur un terrain… en terre battue!»

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