Revue de presse

Le 7 juillet 1974, les footballeurs Cruyff et Beckenbauer face à face à Munich

Chaque jour de l’été, «Le Temps» se plonge dans ses archives pour évoquer un événement historique marquant. Il y a 43 ans aujourd’hui que s’affrontaient deux légendes du foot européen en finale de la Coupe du monde en Allemagne de l’Ouest

La finale de la Coupe du monde de football de 1974 a lieu le 7 juillet à Munich, il y a quarante-trois ans ce vendredi. La RFA enlève le titre en s’imposant 2-1 contre les Pays-Bas. Dans le Journal de Genève et la Gazette de Lausanne du lendemain, Jean-Pierre Gattoni commente le match en critiquant cette RFA (l’Allemagne de l’Ouest), qui avait commencé le tournoi en perdant contre sa voisine de l’Est, la RDA, 0 à 1. La honte: les capitalistes battus par les communistes.

Mais «sous l’impulsion» de Franz Beckenbauer, la Mannschaft «a serré les rangs» à domicile, «gagné en vigueur, joué un football plus cohérent». Ce, «dans une finale qui fut dans l’ensemble d’excellente qualité, sans atteindre en intensité et mouvements collectifs les cimes», mais où les Pays-Bas ont joué leur «partition maladroitement». Une prestation «à l’image de son meneur de jeu, Johann Cruyff, pâle, moyen, si l’on tient compte de la valeur intrinsèque du personnage». Pire, écrit le journaliste, «sa nervosité, sa mauvaise humeur, des charges incorrectes indiquaient suffisamment que le génial Hollandais était retombé momentanément au milieu des hommes».

«Un dernier match quasi parfait»

Quant à la RFA, elle a joué «un dernier match quasi parfait», avec «un tonus, une ardeur, une volonté sans égale», d’autant plus efficace qu’en face, il y eut «des erreurs défensives impardonnables». «LA RFA est championne du monde de football», écrit encore Gattoni. A la fin, c’est donc toujours elle qui gagne? «L’éventualité posée au début de la compétition s’est concrétisée hier à Munich. Non sans douleur, mais non sans logique aussi.»

Car paradoxalement «le panache, le brio, l’habileté collective de la Hollande tout au long de ce dixième championnat du monde a servi… indirectement la RFA. Cette dernière ne tenait plus le devant de la scène. Face à des Hollandais qui avaient jusqu’à la finale impressionné par leur maîtrise, elle pouvait se permettre d’adopter une position de repli, prête à mordre «l’agresseur» à la moindre défaillance.» Conclusion du journaliste: «C’est ce qui s’est produit.»

Beckenbauer-Cruyff, quelle époque! Comme des «frères ennemis», mais pas tant que ça des années plus tard. Le «Kaiser» du foot allemand, Franz Beckenbauer, s’était dit «choqué», le 24 mars 2016, par la mort de Johan Cruyff: «Il était non seulement un très bon ami mais aussi comme un frère pour moi», avait-il avoué après l’annonce du décès de l’ex-footballeur néerlandais, à 68 ans, des suites d’un cancer des poumons.


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