Cela vous a peut-être échappé, mais lundi c’était la Journée internationale de la démocratie. Comme tous les 15 septembre. Ce jour-là, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est fendu d’un bref message pour expliquer que la «démocratie joue un rôle vital» pour lutter contre la pandémie en assurant une «libre circulation de l’information». Dans le même temps, a-t-il ajouté, certains pays utilisent le covid pour «mettre à mal les processus démocratiques». Conclusion: «La situation est particulièrement dangereuse dans les lieux où la démocratie n’est pas bien enracinée et où les mécanismes d’équilibre institutionnels manquent de solidité», écrit-il.

Que le secrétaire général se préoccupe de la santé démocratique des Etats, rien de plus normal. L’ONU n’est-elle pas le garant des principes démocratiques pour promouvoir la compréhension des peuples? Ses normes et ses résolutions ne sont-elles pas forgées au coin des valeurs démocratiques? Cela semble une évidence. On se trompe. Relisons sa charte, dont on célèbre cette année le 75e anniversaire. Il est dit que le but des Nations unies est de maintenir la paix et la sécurité internationale. Mais tout au long de ses 19 chapitres, nulle trace du mot «démocratie». En ce mois de juin 1945, alors que les canons ne se sont pas encore tus dans le Pacifique, les signataires de ce document, réunis à San Francisco en vainqueurs, s’accordent tout au plus à vouloir «faciliter pour tous la jouissance des droits de l’homme et les libertés fondamentales».