Ne pas voter, pour exprimer son indifférence, sa frustration, sa colère, voire son rejet des candidats ou des institutions. Cette option existe, et rien ne sert d’argumenter sur le présumé sens de cette abstention. Les faits sont là: 26% des inscrits sur les listes électorales françaises, soit 12,8 millions de personnes, ont choisi de ne pas se rendre aux urnes le 10 avril, pour le premier tour de l’élection présidentielle. Plutôt que de s’interroger sur le pourquoi de ce boycott démocratique, intéressons-nous donc à l’enjeu de ce dimanche. Doit-on regarder avec inquiétude un pays où presque un tiers des votants potentiels pourraient à nouveau délaisser leur bulletin de vote? Et peut-on comparer l’abstention du premier tour à celle du second, alors qu’il s’agit désormais de choisir, ni plus ni moins, deux chemins opposés pour la France de 2022-2027?