Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

I dä Beiz

Acceptez le bruit par amour de la ville

La saison des terrasses commence, avec ses éternels conflits de voisinage. Une ville a pourtant besoin de lieux animés et bruyants. Et ses habitants doivent les tolérer, affirme un tribunal zurichois

I dä Beiz

Acceptez le bruit par amour de la ville

Ce qui se diten Suisse alémanique, par notre correspondante à Zurich

«Appartement urbain au cœur palpitant de la ville». L’annonce appâte les internautes avec une photo de cuisine moderne et épurée donnant sur un salon au parquet fraîchement lustré. Le 3 pièces et demi sur le coin de la Langstrasse à Zurich se loue 3700 francs.

L’offre qui a rapidement trouvé preneur vante «une vie de qualité au centre-ville grâce à une large palette d’offres culturelles». Comprenez: «Une vie bruyante dans la rue la plus mouvementée grâce à une large palette de discothèques.» Tous les locataires de la Langstrasse connaissent les éclats de voix et les bouteilles qui se brisent à la sortie des bars.

«Quand on habite au centre-ville, on aime le bruit. Sinon, on reste à la campagne», réplique un ami genevois, non sans provocation. Dans l’austère Cité de Calvin, pourtant, la politique en matière de protection du bruit est identique, que vous habitiez un quartier animé ou une zone résidentielle désertée. «Le sommeil du citoyen doit être protégé.» Même dans la rue de l’Ecole-de-Médecine, estiment les autorités qui s’échinent à réduire les «nuisances sonores» dans l’une des ruelles les plus fréquentées de la ville.

La métropole alémanique serait-elle plus réaliste? «Celui qui déménage dans un quartier animé doit faire preuve d’une plus grande tolérance au bruit, y compris la nuit». Punkt Schluss . C’est un Tribunal administratif zurichois qui l’affirme. Qui le martèle même: «Quand on loge à la Langstrasse, on est conscient des nuisances sonores provoquées par les nombreux lieux de divertissement». «On ne peut pas espérer lire un roman sur son balcon un soir d’été dans un calme absolu», souligne-t-il dans un jugement rendu fin mai.

Le tribunal balaie littéralement le recours de trois résidents voulant empêcher l’ouverture d’une terrasse dans leur cour intérieure. Le restaurant pourra exploiter 40 places dans le patio. Et en musique! Pas de raison de fermer ses fenêtres lorsqu’il enclenche la stéréo.

Le tribunal va jusqu’à contester les recommandations du Cercle Bruit, cette association qui regroupe les responsables cantonaux de la protection contre le bruit, qu’il juge «trop strictes». «Si on les applique, on n’ouvre plus aucune terrasse dans les zones urbaines déjà denses», estime-t-il.

Une ville qui ne veut pas être condamnée à la décrépitude a besoin de lieux animés. Et donc bruyants. «Ces quartiers ont leur raison d’être», rappelle la justice zurichoise, au grand dam d’une nouvelle association de riverains.

Vive la saison des terrasses, des Spritz et des conflits de voisinage.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)