L’idée d’un développement durable qui bénéficierait à toutes les parties prenantes, c’est-à-dire aux populations des deux pays concernés, se situe au centre de l’accord bilatéral entre l’Indonésie et la Suisse. L’huile de palme est le symbole même de cet accord. En effet, seul son mode de production certifié «durable» pourra être importé en Suisse, ce qui garantirait une production d’huile en Indonésie respectueuse des normes sociales et environnementales. Selon les acteurs qui soutiennent cet accord, inclure des critères de durabilité constituerait une belle avancée du droit international, bien que ceux-ci se retrouvent repoussés en annexe, sans effet contraignant. Pour les détracteurs, par contre, la certification se résumerait à un greenwashing, une manière d’engourdir les esprits sous un vocable éthéré et agréable pour tous.

Comprendre la tension apparemment irréconciliable entre les deux camps nécessite d’analyser cette certification à la fois dans sa signification et dans ses impacts pratiques.