Opinion

Accord-cadre UE–CH: l’enjeu mérite plus de souplesse!

OPINION. Le texte de l’accord-cadre représente un compromis, mais ce dernier prend largement en compte les demandes essentielles de la Suisse, estime Jean-Pierre Danthine, professeur à l’EPFL

L’accord-cadre entre l’Union européenne (UE) et la Suisse est un pas important vers une définition saine des relations futures entre la Suisse et l’UE. Notre manque d’appétit pour rejoindre l’UE combiné à notre position géographique centrale en Europe (avec ses implications pour nos échanges commerciaux) nous place dans une position inconfortable. L’isolement est impossible; la codécision pleine et entière non désirée.

Bien sûr le texte de l’accord-cadre représente un compromis, mais ce dernier prend largement en compte les demandes essentielles de la Suisse. Face à l’ampleur de l’enjeu une attitude psychorigide serait suicidaire. Toute limitation à l’accès au marché unique serait immédiatement coûteuse pour nos entreprises. Avec, en bout de course, des conséquences négatives pour l’emploi et les salaires sans commune mesure avec celles que craint une partie de ceux qui rejettent cet accord. Dans une perspective à long terme, les restrictions qui entraveraient presque certainement la participation des chercheurs suisses aux programmes européens auraient des conséquences potentiellement catastrophiques comme le précédent de 2014 l’a montré. Il faut être clair, isolée de son environnement européen la recherche suisse ne pourra pas se maintenir à son niveau actuel. Les conditions de travail des chercheurs ne pourront plus être garanties, les meilleurs d’entre eux quitteront nos hautes écoles ou refuseront de les rejoindre. Au vu de l’importance prise par les «clusters» académiques dans le développement économique des régions, confirmé par la croissance lémanique des deux dernières décennies, on ne peut qu’être très soucieux de cette perspective.