Après une première semaine de débats consacrés à la justice internationale, cette semaine nous revenons sur les addictions, thématique coordonnée par la journaliste invitée Malka Gouzer.

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Avant de devenir philosophe, Bernard Stiegler braquait des banques. Il se présentait au guichet avec un revolver et une perruque, s’emparait du butin puis rentrait chez lui écouter du jazz. L’entreprise s’est avérée fructueuse une fois, puis deux, puis trois. A sa quatrième effraction, il se fait pincer. Il a 26 ans, une épouse et une fille. Il est condamné à 5 ans de prison ferme. Encagé, il contemple le suicide, entreprend une grève de la faim puis, de fil en aiguille, parvient à dévier le tir de ses désirs. Ce n’est plus la perspective de réitérer un hold-up armé qui le maintient en vie, mais celle d’accroître ses connaissances philosophiques. L’énergie obsessive est la même, c’est simplement l’objet qui change.