Il est réjouissant que l’Europe finisse par se poser la question de la croissance. A court terme, il ne faut pourtant pas se faire d’illusions. Aucun moyen de stimuler immédiatement la croissance n’existe. Une relance par les dépenses publiques n’est plus possible vu l’ampleur de la dette. L’Europe peut espérer un plus important dynamisme de l’économie, mais il faudra se montrer patient. Le retour de la croissance nécessitera des mesures structurelles, un renforcement de la compétitivité, la flexibilisation du marché du travail.

Entre-temps, la zone euro risque d’être condamnée à plusieurs années de stagnation. On cite toujours le modèle allemand, mais on oublie que sa bonne santé actuelle est le résultat de réformes entreprises depuis la réunification. Un processus long pendant lequel le pays ne se démarquait pas par son dynamisme économique.

Pour la Suisse non plus, ce n’est pas une nouvelle réjouissante. Les exportateurs ont certes diversifié leurs débouchés, mais l’Europe reste leur premier partenaire commercial.

Il existe cependant une variable d’ajustement pour adoucir la peine. Tout le monde est d’accord pour rétablir l’équilibre budgétaire. Cependant, se presser comme on l’a fait jusqu’ici a précipité la rechute dans la récession. Trop d’austérité étouffe la croissance. Et sans croissance, l’endettement se creuse en proportion du PIB, entraînant un cercle vicieux. Rien n’empêche d’assouplir les mesures de rigueur aujourd’hui et de rendre le redressement des finances moins douloureux pour les populations. Il ne s’agit pas d’être complaisant, mais de s’engager en parallèle à atteindre l’équilibre budgétaire lorsque l’économie sera rétablie. Une règle d’or est nécessaire pour être crédible de ce point de vue. C’est aussi le moyen d’éviter une crise sociale ou politique. ö Page 3