Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Une entreprise ou institution qui veut survivre à long terme et qui veut se développer doit normalement faire des bénéfices.
© Jean-Christophe Bott/KEYSTONE

Opinion

Affaire CarPostal: l’illusion de la fin du profit

OPINION. Renoncer à faire des profits est un leurre, estime l’ancien syndic d’Allaman Michel Erb à propos de l’affaire CarPostal. Ce n’est en tout cas pas un remède aux défauts du système capitaliste

Le profit est un concept comptable. Il s’agit du solde restant après avoir tenu compte de toutes les rentrées et dépenses relatives à une période comptable. Une partie de ce montant est normalement rendue au propriétaire et le solde est ensuite crédité aux fonds propres de l’entreprise.

Une institution à but non lucratif a comme principe affiché de ne pas vouloir faire de bénéfice. Il existe plusieurs types d’organisations de ce style allant d’associations à but non lucratif aux fournisseurs de services publics bénéficiaires de subsides.

C’est à mon avis un non-sens total. Une institution qui dépense tout ce qu’elle gagne compromet sa pérennité.

Nous savons que le capitalisme a beaucoup de défauts. Il existe effectivement des profits incorrects basés sur des abus. Il y a hélas de nombreux exemples: la possibilité de sous-payer des employés en est un, tromper les consommateurs sur la qualité de son produit en est un autre, frauder le fisc en est un troisième.

Les risques d’un renoncement au bénéfice

Par contre, renoncer à faire des profits est un leurre. Ce n’est en tout cas pas un remède aux défauts du système capitaliste. Une entreprise ou institution qui veut survivre à long terme et qui veut se développer doit normalement faire des bénéfices. Elle doit investir. Elle doit pouvoir être en mesure de refinancer ses erreurs et offrir des plans de carrière à ses employé(e)s.

Le problème n’est donc pas d’accepter ou non la notion de profit. La seule question pertinente concerne la façon de l’utiliser

Je vois donc deux risques pour une institution qui se prive officiellement de faire des bénéfices:

– Elle asphyxie son propre développement par l’absence de renforcement de ses fonds propres et de ses réserves.

– Afin de prouver son respect rigoureux de ses supposées priorités sociales, elle est tentée de minimiser exagérément ses bénéfices. Nous avons un très bon exemple actuel en Suisse avec l’affaire CarPostal. C’est exactement l’inverse de certaines institutions commerciales qui tentent de surévaluer leur rentabilité, mais il s’agit d’une pratique tout aussi préjudiciable.

«Etiquettenschwindel»

Le problème n’est donc pas d’accepter ou non la notion de profit. La seule question pertinente concerne la façon de l’utiliser. Est-il plus important de produire un rendement pour les propriétaires ou d’améliorer la santé du bilan et donc la pérennité de l’institution? Prétendre être une institution qui se refuse d’être profitable est une attitude suicidaire ou hypocrite. Nos compatriotes d’outre-Sarine appellent cela une «Etiquettenschwindel».

Il existe une nouvelle association qui s’occupe de sauvetage en montagne dont la devise est: «Nous voulons être une association à but non lucratif (NPO) très profitable». C’est une doctrine qui peut paraître contradictoire mais, à mon avis, les fondateurs de cette association ont parfaitement raison.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)