Il faut interdire l’Etat islamique en Suisse. Le ministre de la Défense Ueli Maurer le dit clairement dans la NZZ am Sonntag, après avoir déjà accordé une interview sur ce thème et la menace djihadiste au Temps, samedi. Il a dû lui-même, lundi lors de l’heure des questions au Conseil national, défendre la position du Conseil fédéral en soulignant qu’une telle interdiction n’était actuellement pas nécessaire. Au Temps, Ueli Maurer concédait qu’il n’y avait «pas vraiment» de menace imminente grave qui le justifiait, en précisant qu’il n’excluait pas que le Conseil fédéral en reparle. Il le confirme à la NZZ am Sonntag: lui-même veut en tout cas l’interdire et fera cette proposition à ses collègues. Car il faudra s’adapter à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui veut notamment interdire les départs de djihadistes. La récente décapitation d’un otage français en Algérie pousse également le ministre de la Défense à vouloir se montrer plus ferme, par «solidarité internationale». Reste à déterminer si cela aura le moindre effet. Le Département fédéral des Affaires étrangères vient de préciser vendredi que le groupe de l’Etat islamique était en fait de facto illégal en Suisse. Car il tombe sous le coup de l’ordonnance de l’Assemblée fédérale qui interdit Al-Qaïda et les organisations apparentées.

Dans le SonntagsBlick, il est question de Nicolas Blancho, le président controversé du Conseil central islamique suisse (CCIS). Lui aussi s’en prend à l’Etat islamique. Il a condamné la semaine dernière les violences perpétrées par le groupe sunnite dans une vidéo. Dans l’interview qu’il a démarré en citant un vers du Coran, il précise que les djihadistes ne font plus seulement référence à l’Irak et à la Syrie, «mais aussi à d’autres pays, et donc la Suisse». «J’ai un problème fondamental sur la méthode et la pratique avec l’EI», souligne-t-il. Il déclare en revanche comprendre que les gens se radicalisent: «quand les musulmans n’ont plus d’autres choix, il est alors possible qu’ils se tournent vers de telles idées». Il précise encore ne pas connaître les trois Irakiens placés en détention préventive car soupçonnés d’avoir voulu planifier un attentat en Suisse en lien avec l’EI. Quand les journalistes lui font remarquer que les bureaux du CCIS sont sécurisés, qu’un scanner digital est même utilisé, et qu’ils lui demandent s’il a des gardes du corps, voici ce que répond Nicolas Blancho: «Pas en permanence. Mais si nous remarquons que l’ambiance peut être chaude, il peut bien y avoir des gens qui s’occupent de la sécurité. Surtout lors de manifestations publiques, avec beaucoup de personnes».

Tout autre thème: les élections fédérales 2015. Dans Le Matin Dimanche, le président du PLR Philipp Müller se dit persuadé que les résultats des élections seront à la hauteur de ses attentes. Il se dit «certain à 100%» que la formation de droite gardera non seulement ses deux conseillers fédéraux, mais aussi les deux mêmes qu’aujourd’hui. Dans ce même journal et dans la SonntagsZeitung, il est question des Verts et des Verts’libéraux, qui ont décidé de resserrer leurs liens, dix ans après leur scission. Une alliance est en discussion. But visé: décrocher un siège au Conseil fédéral en 2015.

En lisant la NZZ am Sonntag, on apprend aussi que la Suisse est intervenue à propos de l’Italie auprès de l’Union européenne, sur l’épineux thème de l’asile. Pour dire que Rome n’enregistre pas tous les requérants d’asile, contrairement à ce que demande le système Dublin. C’est la ministre de Justice Simonetta Sommaruga qui a lancé un coup de fil en ce sens à la commissaire européenne Cecilia Malmström. Le thème de l’asile, et des demandes qui augmentent, est aussi traité dans le SonntagsBlick. Selon l’hebdomadaire, près de 6000 réfugiés devraient recevoir une autorisation de séjour en Suisse cette année, soit un taux d’acceptation de plus de 24%. Nettement plus élevé qu’en 2013. Cela résulte notamment du fait que beaucoup de réfugiés viennent d’Erythrée ou de Syrie, des pays vers lesquels ils ne peuvent pas être renvoyés.

Enfin, la SonntagsZeitung et le Matin Dimanche évoquent les EMS qui multiplient les astuces pour faire des économies. Sur le dos des patients et du personnel. Certains établissements engagent par exemple moins de personnel que ce qu’exige la loi ou prétendent que des résidents sont plus malades qu’ils ne le sont vraiment. D’autres homes ajoutent des lits sans les déclarer.