C’est une journée terrible. Pour l’Ukraine en premier lieu, pour la Russie, et pour l’Europe plus généralement. Car ce qui se déroule sous nos yeux ne peut pas être réduit à une équation géopolitique ou à un conflit comparable à ceux que nous avons connus en 2008 en Géorgie ou lors de la crise de 2014. Cette nouvelle guerre sur notre continent, par l’importance des acteurs impliqués, par leur histoire et par la nature délibérée de l’offensive russe marque une césure, une bascule dans une nouvelle période de notre siècle. Ce n’est pas une éruption volcanique locale, c’est le choc violent de plaques tectoniques dont les conséquences vont être profondes, durables et, il faut hélas le craindre, bien sombres.