Les adeptes du bitcoin «ordinaires» existent, nous en avons rencontré en Suisse romande. Les quatre précurseurs des cryptomonnaies que nous vous présentons cette semaine en dernière page du Temps ne sont pas des dégénérés du boursicotage. Ce ne sont pas des obsédés du profit facile uniquement déterminés à s’offrir une Lamborghini, l’emblème des cryptofortunes gagnées en un éclair. Les professionnels dont nous tirons le portrait ont tous été séduits par cette devise numérique avant que le grand public ne découvre son existence fin 2017, lorsqu’elle s’est envolée jusqu’à 20 000 dollars.

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Ces quatre Romands, tous insérés socialement – il se trouve qu’ils sont patrons de PME, mais c’est un hasard – ont étudié les propriétés de cet objet numérique étrange, parfois pendant des années, avant de se lancer. C’est que cette créature digitale n’est pas facile à cerner: certains la présentent comme une monnaie, d’autres comme de l’or numérique, d’autres encore comme la technologie qui va abattre les banques et révolutionner l’univers. D’autres enfin comme un phénomène de mode qui finira par se dégonfler.

Nos quatre «bitcoiners» en ont simplement fait un élément de leur vie quotidienne, que ce soit pour effectuer des micropaiements, pour investir, pour faire tourner leur entreprise ou pour ramener les rêveurs à davantage de raison. Le bitcoin fera peut-être partie de nos vies quotidiennes dans un avenir proche. Pour être honnête, on n’en sait rien. En tant que journaliste, lorsqu’on pose la question à des spécialistes, on sait que leur réponse dépendra de leur croyance de base, du camp dans lequel ils se rangent, entre pro- et anti-bitcoin.

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Maturité des utilisateurs et des commentateurs

La normalisation de cet instrument financier passera par sa domestication, et la réglementation jouera un grand rôle dans ce processus. Les Etats-Unis semblent décidés à combattre les arnaques et les fraudes, tout en taxant mieux les cryptos, afin de financer les investissements dans les infrastructures: bienvenue dans la vraie vie. L’Union européenne y va aussi de son projet d’encadrement. La Suisse a déjà adapté son cadre légal pour favoriser cette technologie.

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La folie que suscitent encore les cryptos et leur côté sulfureux s’estomperont aussi au fur et à mesure que les utilisateurs et les commentateurs gagneront en maturité. L’évolution du regard qu’on porte sur elles sera aussi déterminante. Il y a une vie à côté de tous les excès que suscitent les cryptos. Une vie plutôt ordinaire.

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