Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Image d’illustration. Récolte de pommes de terre dans le canton de Fribourg en 2013.
© Gaëtan Bally/Keystone

énergie

Vous aimez les patates froides?

OPINION. La Suisse est très dépendante de ses voisins en matière énergétique. Selon le conseiller national Benoît Genecand, on se fie la bouche en cœur à l’esprit d’entreprise et à la générosité des pays qui nous entourent

La Suisse vient de confirmer sa politique de préservation des surfaces agricoles pour nourrir la population en cas de blocus. On appelle cela les surfaces d’assolement (SDA). 
«La surface minimale d’assolement à garantir en Suisse doit correspondre à la superficie actuelle de 438 460 ha» nous dit un groupe d’experts. 438 460 ha, c’est 15 fois la superficie de Genève. Avatar du plan Wahlen, c’est une préoccupation de défense nationale. Si nous acceptons de diminuer les calories ingérées chaque jour et arrêtons de baser notre régime alimentaire sur la viande, nous devrions pouvoir survivre à la fermeture des frontières. C’est un peu l’idée.

Le problème est que nous sommes très dépendants en matière énergétique. Nous l’étions déjà pour les énergies fossiles. Notre sortie du nucléaire, partiellement remplacé par les renouvelables, nous rendra dépendants pour l’électricité. L’intégration de la Suisse dans le marché européen «est une condition essentielle pour garantir la sécurité d’approvisionnement en électricité du pays», nous dit l’Office fédéral de l’énergie. Qui précise: «La variante suppose une durée d’exploitation de cinquante ans pour les centrales nucléaires suisses. Ensuite le besoin en électricité est couvert par un fort développement des énergies renouvelables ainsi que par des importations depuis les pays voisins.»

Scénarios extrêmes

Pour mesurer le risque encouru, quelques hypothèses concernant les investissements de nos voisins dans leurs capacités de production ont été faites. De même, nous nous sommes interrogés sur leurs choix stratégiques (sortie ou non du nucléaire? Allemands, plutôt oui, Français plutôt non; sortie du charbon? Allemands plutôt oui, mais sans empressement; rythme et investissement dans les renouvelables?; etc.).

Des scénarios extrêmes sont étudiés (étonnamment pas le scénario d’un blocus). Quid si tous deviennent vertueux? Sortie rapide du nucléaire des Allemands et des Français? Sortie du charbon? Eh bien nous pourrions avoir des problèmes: «L’indisponibilité simultanée de capacités du système européen se traduit par une recrudescence des pénuries d’approvisionnement en Suisse et chez ses voisins à partir de l’hiver 2025.»

Mais rassurez-vous, ce risque est vite évacué: «Les pays voisins adopteront des mesures pour compenser la réduction des centrales dites conventionnelles par d’autres sources de production.» En clair, nous pouvons jouer les passagers clandestins: nos voisins produiront assez d’électricité pour couvrir leurs besoins et nos insuffisances de production! On résume: d’un côté, pas un mètre carré de surface d’assolement ne doit être perdu pour avoir assez de patates si tout va mal. De l’autre, on se fie la bouche en cœur à l’esprit d’entreprise et à la générosité des pays qui nous entourent. Vous aimez les patates froides?

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)