Hexagone Express

Alexandre Djouhri, Genève et le «système français»

OPINION. Quels secrets d’Etat ont permis à l’intermédiaire Alexandre Djouhri de tirer, depuis sa résidence genevoise, les fils de la politique française? «L’Affairiste», son excellente biographie qui sort cette semaine, ne répond malheureusement qu’en partie à la question

Le propre d’un intermédiaire, a fortiori «sulfureux», est qu’il cache une part d’ombre. Alexandre Djouhri, l’intermédiaire longtemps résident à Genève et aujourd’hui installé à Londres – en attente d’extradition vers la France – en est un parfait exemple.

L’Affairiste, l’enquête passionnante, publiée mercredi, qui lui est consacrée par les journalistes du Monde Joan Tilouine et Simon Piel, le confirme presque à chaque page. Le livre fourmille d’anecdotes sur le parcours hors norme de «Monsieur Alexandre», sa nouvelle identité embourgeoisée après avoir grandi à Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, sous son vrai nom: Ahmed Djouhri. Tout y est, ou presque, de l’association initiale dans une affaire de blousons de cuir avec Anthony Delon, fils de l’acteur (basé lui aussi à Genève), aux confidences de l’ancien premier ministre Dominique de Villepin, l’un de ses protégés et protecteurs. Le titre de l’ouvrage résume tout: la vie et la «carrière» d’Alexandre Djouhri furent rythmées par l’argent et l’influence. Connaître les puissants, ou prétendre les connaître pour écouler sa camelote ou ses conseils… Une recette vieille comme le monde.