Deux dettes. Deux précipices de souffrances, de vérités cachées mais aussi de compromissions forcées des élites locales, recouverts jusque-là par la dalle de béton inamovible de la raison d’Etat. Telle est la réalité qu’Emmanuel Macron vient courageusement d’aborder, à propos des essais nucléaires passés de la France, lors de sa visite officielle en Polynésie. Avec, comme preuve de la bonne volonté républicaine, cette promesse qui, sur le génocide rwandais, a récemment conduit à un rapport d’historiens remarqué: celle d’ouvrir les archives – sauf celles comportant des informations «proliférantes», autre vieux procès contre la France, accusée d’avoir aidé à la diffusion de l’arme atomique – sur ces tests réalisés dans le désert algérien (1961-1966), puis dans le périmètre des atolls de Mururoa et Fangataufa, dans le Pacifique Sud (1966-1996).