La danse est un art qui touche au divin, mais aussi un sport exigeant demandant une rigueur extrême. Des virevoltants Chaussons rouges au plus sombre Black Swan, le cinéma s’est souvent penché sur cet univers connu pour être physiquement et psychologiquement éprouvant. Ce qu’il convient dorénavant d’appeler l’affaire BBL, et qui touche aussi bien l’Ecole-Atelier Rudra Béjart que désormais l’institution dirigée par Gil Roman, héritier de Maurice Béjart aujourd’hui en bien mauvaise posture, jette une lumière froide sur des pratiques autocratiques qui, pour certains observateurs, ne sont malheureusement pas une réelle surprise.

Reste que la danse, qu’elle soit classique ou moderne, peut donc confiner au divin. On a chacun nos madeleines, la mienne restera à jamais ces quelques pas d’un Gene Kelly amoureux sous une pluie artificielle. Journaliste indépendante et réalisatrice, Eileen Hofer s’est, quant à elle, passionnée pour la figure d’Alicia Alonso (1920-2019), ballerine cubaine à la grâce indicible et fondatrice à la fin des années 1940 de sa propre compagnie. Et qui fait de sa vie un ballet incessant pour exorciser un trauma: à 19 ans, elle a partiellement perdu la vue.