Manchester United qui reçoit Manchester City? Pour un passionné de foot, le derby anglais est simplement immanquable. C’est ce que se dit Simon, jeune Suisse de 25 ans, quand, en août, il apprend qu’un abonné de Man-U revend ses deux billets pour cette affiche alléchante qui a eu lieu samedi dernier. Sauf que ce réflexe à chaud ne tenait pas compte de deux paramètres refroidissants. La Grande-Bretagne est sortie de l’Europe et les conditions sanitaires d’accès à son territoire sont bien plus musclées que les nôtres.

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Lorsque, lundi dernier, Simon appelle le consulat anglais pour les connaître, ces conditions, son interlocuteur l’informe que, concernant le vaccin, deux doses sont exigées. Comme le jeune homme a eu le covid en septembre 2020, il n’a reçu qu’une dose et, même s’il est considéré comme immunisé par les autorités suisses, il court se faire vacciner le jour même pour répondre aux exigences britanniques.

Toujours non immunisé

Son nouveau certificat covid arrive mardi, il se sent soulagé. Seulement voilà, en relisant le règlement sur le site du gouvernement britannique, Simon réalise qu’il aurait dû recevoir cette deuxième dose quatorze jours avant son voyage. Or, le vol a lieu vendredi, soit quatre jours après son injection… Même doublement vacciné, le jeune homme n’est toujours pas immunisé aux yeux des Anglais!

Résolu à assister au match, il se plie alors aux mesures prévues pour les non-vaccinés. Il doit réserver deux autotests qu’il recevra les 2e et 8e jours de sa présence en Angleterre – autotests qu’il paie d’avance, 60 livres (environ 75 francs). Mais ce n’est pas tout, et c’est même là que les choses se corsent: Simon doit aussi accomplir une quarantaine de dix jours à son arrivée. Or, le fameux match a lieu samedi, le lendemain de son entrée dans le pays…

Aucun masque à Manchester

Là, c’en est trop, se dit le jeune homme. Il a commandé et payé les autotests nécessaires pour remplir le formulaire d’accès – ce n’est qu’une fois les tests réservés et payés qu’un code est transmis au requérant, lequel code permet de boucler le formulaire… Mais, dès le vendredi, il s’est baladé à Manchester, l’esprit serein, avec son pote doublement vacciné de longue date.

«J’étais triplement immunisé pour la Suisse, je ne représentais aucun danger. Je n’allais tout de même pas me terrer dans mon Airbnb qui, par ailleurs, était une piaule infâme! Et, ce qui est fou, c’est qu’à Manchester personne ne porte de masque. Dans les pubs, le métro, les magasins, le stade, aucun masque, rien! Du coup, après avoir eu l’impression d’être un repris de justice pendant la semaine qui a précédé, sur place, j’ai eu un immense sentiment de liberté.»

Plus que galère!

Et le match, valait-il toutes ces tribulations? «Old Trafford est un stade spectaculaire et entendre 60 000 personnes chanter, c’est toujours une émotion intense. Mais comme City a dominé d’entrée, les supporters de United se sont vite calmés. Après, voir en vrai une passe transversale de 40 mètres arriver pile dans les pieds d’un attaquant qui amortit parfaitement le ballon, ça fait sensation.» Pas de regrets, donc, mais ce constat qui n’est pas près de s’estomper: «Aller en Angleterre, c’est plus que galère!»


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