La vie à 30 ans

Allez papa, passe le volant!

Tous les jeudis de l’été, notre chroniqueuse se fait porte-parole des trentenaires

Je préparais l’autre jour avec un cadre bien installé un événement que je me réjouis d’animer, impliquant des trentenaires à succès, des politiciens, des entrepreneurs ou des conservateurs de musée. «Les leaders de demain», me disait-il. Moi je rigolais: «Je crois bien que ce sont déjà ceux d’aujourd’hui.» Ceux qui ont choisi de prendre au lieu de mériter. C’est vrai, pourquoi devrait-on se résigner à attendre la seconde moitié de sa vie pour s’asseoir à vos côtés? Souvenez-vous, vous n’êtes dans le fond que d’anciens jeunes à qui l’on a un jour donné leur chance.

Je pensais à cela en observant les 11 stagiaires de la rédaction du «Temps» qui ont cartonné cet été. Ils nous ont livré en vidéo une symphonie alpestre jouée sur un sommet, ont traité, face à une actualité anxiogène, du besoin d’être déconnecté, et portraituré une chanteuse harcelée et désabusée. Pendant ce temps, ils ont douté, dissimulé leurs yeux rougis dans les cabinets, rongé leurs ongles, et bafouillé. A la fin des beaux jours, il leur reste l’incertitude en guise de rentrée.

Pourtant, un pays prospère, qui croit et espère, est une nation qui mise sur sa jeunesse. Si vous voulez que l’on paie vos retraites, vous n’avez pas d’autre choix que de nous faire confiance et de nous laisser tracer la route. Allez papa, quoi, passe le volant!

Décrocher la lune

Qui sait ce que notre génération réussira à léguer? Un revenu de base en héritage, un véritable congé paternité, une agriculture de proximité. Et puis pour commencer, on mettra du wifi en irrigation massive partout dans les trains, les écoles et dans la rue.

Cessez de rétrograder, on veut juste changer les choses pour aller vers le mieux. Donnez-nous le doigt, on vous prendra par le bras. Et si on décroche la lune, promis: on la partagera.


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