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Vue sur le Piz Bernina et le Biancograt (l'«arête blanche») depuis le Pic Previus à Pontresina (GR).
© GIAN EHRENZELLER/KEYSTONE

Éditorial

Les Alpes suisses ne sont pas EasyJet

ÉDITORIAL. Les stations romandes font le pari du ski low cost. Est-ce suffisant pour convaincre les nouvelles générations de retourner sur les pistes?

L’hiver arrive et le ski suisse fait le grand saut. Après des années d’un inquiétant immobilisme, les stations passent enfin à l’attaque.

Le Magic Pass, qui permet de skier tout l’hiver dans 25 stations romandes pour 359 francs, est une initiative qu’il convient de saluer. Certes, sur le plan commercial, diviser les prix par trois ou quatre – par rapport à l’ancien abonnement de saison – est un pari risqué. Mais il a le mérite d’exister. Le regroupement d’autant de stations pour proposer une offre unique est en soi un exploit, quand on connaît les conflits de clochers qui les opposent souvent.

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Le Magic Pass est-il la solution? Casser les prix pour relancer la machine? C’est la grande inconnue. La Suisse n’a jamais vraiment fait ce genre d’expérience. Elle a toujours préféré justifier sa cherté par la qualité.

Ici, c’est tout l’inverse. La qualité ne change pas – sur le long terme, il faut même s’attendre à ce que les conditions d’enneigement continuent de se détériorer. On baisse les prix et on espère que ce sacrifice permettra de séduire tellement de monde que les revenus en ressortiront grandis. Que les restaurants, les hôtels et les commerces des stations en profiteront aussi.

EasyJet a comblé un manque

Les porte-voix du Magic Pass ne cessent d’évoquer EasyJet, symbole ultime du succès du low cost. Sauf que le modèle de la compagnie aérienne repose sur deux piliers différents. D’abord, si elle peut proposer des prix aussi bas, c’est parce qu’elle s’acharne (parfois au détriment de ses employés) à réduire ses coûts d’exploitation au strict nécessaire. Les stations du Magic Pass, elles, n’en ont pas l’intention.

Ensuite, si EasyJet a connu un tel envol, c’est parce que son offre comblait une demande: des millions d’Européens voulaient voyager en avion mais ne pouvaient pas se le permettre. Est-ce que les Suisses skient de moins en moins parce qu’ils n’en ont pas les moyens? Une partie, peut-être. Mais dans la majorité des cas, la baisse de la fréquentation est liée au manque de motivation des jeunes. Une génération, peut-être deux, n’a pas le même goût pour le ski que ses aînés.

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Réintroduire les camps, moderniser les méthodes d’apprentissage du ski, attirer les jeunes avec des offres adaptées à leurs envies… Les possibilités pour que les Suisses de demain se réapproprient les pistes sont multiples. Mais former la relève, cela prend du temps et cela coûte de l’argent. La majorité des stations ne disposent ni de l’un, ni de l’autre.

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© Gabioud Simon (gam)