Amours, délices et orgues (4/7)

Les amants électriques de Sébastien

Lors du festival Whole, un rendez-vous queer non loin de Berlin, un clubber gay raconte ses rencontres éphémères riches en frémissements

Chaque jeudi de l'été, notre chroniqueuse raconte la fugacité des histoires de cœur en été.

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«J’ai dormi 5 heures sur 72 et, porté par la drogue et la transe, j’ai dansé, beaucoup, et vécu des flirts et du sexe intenses. L’idée du Whole, festival queer qui se déroule près de Berlin? Vivre un tourbillon de sensations baignées de bonté et de beauté.» L’homme qui parle ainsi n’est pas un illuminé. La quarantaine juvénile, Sébastien a été journaliste, il est maintenant un réalisateur reconnu. Dans chacune de ses activités, il fait parler sa sensibilité. «Je pourrais tomber amoureux toutes les semaines», sourit ce gay établi à Berlin.

De gay exclusif à queer inclusif

Tout est plus fort, plus concentré au Whole, raconte l’artiste romand. Situé à Ferropolis, ancienne mine transformée en lac, ce festival très inclusif veille à intégrer tous les genres, races et orientations sexuelles. «C’est d’ailleurs intéressant de constater cette évolution qui se manifeste aussi au Berghain, la mythique discothèque berlinoise. On est passé du «No dick, no entry», soit du gay exclusif, à une mouvance queer beaucoup plus ouverte», analyse Sébastien.

L’amour sur la plage ou dans les buissons

Le réalisateur évoque avec émotion les trois jours fastes qu’il a passés en juin dans cette communauté bon enfant emmenée par les meilleurs DJ. «La musique, essentiellement techno, pulse 24 heures sur 24. Quasi tout le monde prend des drogues – de l’ecsta, mais aussi du speed, des amphétamines, de la coke ou du GHB – de manière très maîtrisée. On dort peu, on danse beaucoup, nus ou habillés et, souvent sans paroles, on célèbre sexuellement la fièvre de l’instant.»

Certains font l’amour sur la plage, d’autres, comme Sébastien, dans des endroits plus dérobés. «Mais un flirt sur la piste de danse et dans l’éblouissement du moment peut être aussi explosif que du sexe, témoigne le réalisateur. J’ai même vécu une magnifique expérience de beauté avec un hétéro, mannequin de 25 ans, où tout s’est passé à distance. La liberté, c’est aussi de sortir des figures imposées.»

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