Nouvelles frontières

Angela Merkel donne la plus belle réponse à Donald Trump

OPINION. En 1987, Ronald Reagan appelait Mikhaïl Gorbatchev à abattre le mur de Berlin. En 2019, Angela Merkel appelle les Américains à abattre les murs de l’ignorance, écrit notre chroniqueur Frédéric Koller

C’était un vendredi de juin 1987, à Berlin-Ouest. Ronald Reagan, dressé sur une tribune, dos à la porte de Brandebourg, murée à l’image de cette ville, de l’Allemagne et d’un continent divisé, prononçait cette fameuse phrase: «Monsieur Gorbatchev, abattez ce mur!» Et, un peu plus de deux ans plus tard, le Mur tombait, non pas par la volonté du dernier secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, mais par celle d’une foule qui soudain osait l’impensable. C’était le début de la fin du communisme en Europe.

En ce mois de juin 1987, une physicienne de l’Académie des sciences de Berlin-Est rentrait chez elle et, comme chaque jour, raconte-t-elle, «quand j’étais déjà proche du Mur, j’obliquais au dernier moment. Vers mon logis. Chaque jour, je devais obliquer peu avant la liberté.» Cette physicienne, c’est Angela Merkel. La semaine dernière, la chancelière allemande prononçait à son tour un discours, c’était pour les diplômés de l’Université Harvard, aux Etats-Unis. L’occasion d’évoquer ce Mur: «Je n’étais pas une dissidente. Je n’ai pas foncé dans le mur, mais je n’ai pas non plus nié son existence, car je ne voulais pas me mentir. Le mur de Berlin restreignait mes opportunités. Il se dressait littéralement sur mon chemin. Mais il y a une chose que ce mur n’a pas réussi à faire au fil de toutes ces années: fixer mes propres limites intérieures», leur a-t-elle dit.