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Un rôle et des responsabilités encore accrues pour la chancelière ces prochaines années?
© Markus Schreiber

Revue de presse

Angela Merkel se profile comme cheffe du monde non populiste

Beaucoup espèrent qu’avec un quatrième mandat en 2017, l’importance et le rôle de la chancelière allemande croissent, comme leader du monde libéral. Elle doit maintenir la cohésion sur plusieurs fronts: au sein de l’UE, face à Poutine et à Erdogan, et surtout en «contrôlant» Donald Trump

Avec des Etats-Unis tentés par l’isolationnisme que leur promet leur «trumpisation», des régimes passablement autoritaires en Russie ou en Turquie et une Union européenne plus en crise que jamais, tous les regards de «l’ancien monde» se tournent désormais vers Angela Merkel. C’est l’historien britannique Timothy Garton Ash, professeur à Oxford et infatigable pourfendeur du populisme, qui le dit dans une flamboyante tribune publiée ce mardi par le Guardian, où il considère que la chancelière allemande représente le dernier rempart capable d’éviter que «l’Europe ne se fasse dévorer en son cœur».

Lire aussi: La doctoresse Merkel et Mister Trump

L’expression «leader du monde libre» – «libéral», de facto – «est habituellement appliquée au président des Etats-Unis, rarement sans ironie», d’ailleurs. Mais «je suis tenté de dire que le leader du monde libre est désormais Angela Merkel», estime-t-il. Selon lui, en lui rendant visite jeudi et vendredi à Berlin, Barack Obama va un peu plus souligner les attentes croissantes pesant sur elle, qu’il a qualifiée avant de partir «de partenaire internationale probablement la plus proche de ces huit dernières années». «Soudain elle devient beaucoup plus importante», raille Business Insider.

«Elle est absolument déterminée»

Ce n’est pas au Royaume-Uni en phase de Brexit – même s’il fait encore figure d’allié traditionnel de Washington – que le président américain sortant a décidé de faire ses adieux à l’Europe, mais en Allemagne, où il donne à certains le sentiment de vouloir «passer un relais». Ce n’est vraiment pas un hasard, jugeait il y a quelques jours la Deutschlandfunk lorsqu’elle évaluait le message de félicitations très sec envoyé à Donald Trump par une chancelière que l’Irish Times préfère qualifier, lui, de «leader of the non-populist free world». Et, d’une certaine manière, de «cheffe» de la moitié de l’humanité humiliée par la défaite de celle qui pouvait devenir la première présidente des Etats-Unis.

Comme par hasard aussi, le chrétien-démocrate (CDU) Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du parlement fédéral allemand, le Bundestag, a laissé assez clairement entendre mardi sur la chaîne de télévision américaine CNN que la chancelière se représenterait pour un quatrième mandat lors des législatives de septembre 2017. Donnant raison au site Journal21.ch, qui écrivait déjà en août dernier que «de plus en plus de démagogues» entrant «sur la scène politique» il était «difficile de trouver des leaders dont les noms soient liés à des alternatives politiques réfléchies et convaincantes».

Une confirmation de candidature dimanche prochain?

Une information que confirment plusieurs titres de la presse allemande, comme Die Zeit, et que la chancelière pourrait bien officialiser dimanche prochain. Ce, même si la cote de popularité d’Angela Merkel est au plus bas en Allemagne en raison de sa très généreuse politique migratoire – elle a cependant rebondi depuis une semaine. Mais se retirer à la fin de son troisième mandat, prévient aussi la presse d’outre-Rhin, laisserait un boulevard électoral à la populiste Alternative für Deutschland. La chancelière est donc «absolument déterminée, disposée et prête à contribuer à renforcer l’ordre international libéral», selon Norbert Röttgen. Lequel ajoute qu’elle représente «une des pierres angulaires de ce concept politique de l’Occident [le libéralisme] agissant comme un acteur mondial».

«L’élection de Donald Trump fait d’Angela Merkel le dernier défenseur des valeurs humanistes de l’Occident», juge aussi le New York Times. Alors que même pour la très gauchiste Tageszeitung berlinoise, «l’importance de la chancelière va croître, elle doit maintenir la cohésion de l’UE, faire face à Poutine et à Erdogan, et contrôler Donald Trump». Car le président américain élu alimente les craintes sur la «fin du camp occidental» en proclamant agir selon le principe du «America first», y compris dans les relations transatlantiques, où les pays de l’Otan se préparent à devoir assumer plus de responsabilités.

Adoubée par le magazine «Time»

Mais attention! Car face à la volonté de Donald Trump de nouer une relation plus apaisée avec Vladimir Poutine, «la politique pro-occidentale de Merkel sur la Russie», entre autres axée sur des sanctions concernant l’Ukraine, «pourrait finir en désastre», juge, pour sa part, Die Welt. Sa tâche «vient juste de devenir infiniment plus difficile», prévient donc une tribune publiée par le Washington Post: «Is Angela Merkel the leader of the free world now?» Réponse: «Not quite», «pas (encore) assez». Mais le magazine Time, qui en avait déjà fait sa personnalité de l’année 2015, affiche maintenant en énormes caractères sur son site internet: «Chancellor of the Free World».

Autre symptôme des attentes placées autour de la chancellerie à Berlin: le fait qu’elle ait donné ce lundi «son feu vert à la candidature du social-démocrate Frank-Walter Steinmeier pour la présidentielle du 12 février prochain». Selon Courrier international, elle «ouvre ainsi la voie à une reconduction de sa coalition gouvernementale à l’automne 2017».

Lire aussi: Le prochain président allemand: un social-démocrate, virulent critique de Donald Trump

«Une décision spectaculaire, commente la Süddeutsche Zeitung, qui réunit tous les démocrates contre le populisme agressif et les fait converger sur un homme qui jouit d’un fort capital de confiance dans la population. L’actuel ministre des Affaires étrangères allemand, réputé pour son habileté diplomatique et sa tendance à réconcilier plutôt qu’à diviser, est une sorte d’anti-Trump», assure l’éditorialiste du quotidien munichois. Avec lui, John Kerry – que Berlin regrette déjà beaucoup – avait su trouver une connivence et négocier patiemment avec l’Iran, par exemple. Pas vraiment sûr que ça se passe aussi bien avec un… Rudolph Giulani, par exemple.

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