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Christophe Dechavanne et Michel Drucker sur le plateau de l'émission «Vivement dimanche» sur France 2, le 24 avril 2016.

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Quand les animateurs de la TV française se regardent le nombril

Christophe Dechavanne chez Michel Drucker dans «Vivement dimanche», escortés de Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel et Jean-Pierre Pernaut: France Télévisions n'a-t-elle plus rien d'autre à faire que de s'autocongratuler?

Une télévision de l'ancien monde. C'est l'impression laissée par la 700e de Vivement dimanche (VD), sur France 2 ce week-end. Bien sûr, on sait que son hôte principal, Christophe Dechavanne, a disparu des écrans depuis l'échec cuisant du jeu Wish List au mois de janvier. Et que le second, Michel Drucker, à bientôt 74 ans, abandonnera VD en septembre prochain. Alors «quand on vous dit que ça s'arrête, c'est forcément très difficile», comme l'avouait au Monde Delphine Ernotte, la semaine dernière? Difficile ou non, la «promo» de ladite émission sur tous les sites, avec sa liste d'invités VIP, avait déjà fait écrire à un internaute de RTL: merci «de nous informer sur des événements aussi fondamentaux».

Pas «inhumaine», la nouvelle présidente de France Télévisions prétend se mettre «à la place de quelqu'un qui a été un visage» de la télé. Pendant longtemps. Très longtemps. Beaucoup trop longtemps pour la vivace communauté de la page Facebook «Dégage Michel Drucker», où l'on pouvait lire depuis vendredi que dimanche 24, on ressortait «Dechavanne du placard avec un festival de branques», parmi lesquels Marc-Olivier Fogiel, Laurent Ruquier ou Jean-Pierre Pernaut: «Belle brochette de has been présentée par un has been», commente un internaute. Même si «Marco» et Ruquier ne le sont que pour la génération Y.

Mais encore? «Un animateur invite un autre animateur et nous continuons à payer la redevance»; «Je prévois une recrudescence du taux de suicides dans la journée»; «Mon dessert me reste sur l'estomac»... Et ce sont là les jugements les moins méchants sur ces tonnes de pommade passées et repassées sur les ego surdimensionnés du PAF. Entre eux, pour eux, à la gloire de nous tous, pionniers, animateurs qui avons systématiquement «été les premiers» à faire ceci ou cela à la télévision.

Il est vrai que revoir certaines séquences du talk-show cultissime de Christophe Dechavanne Ciel, mon mardi! – sur TF1 de mai 1988 à juin 2001 – était plutôt amusant. D'autant que l'audace qu'on y voyait ne «passerait» sans doute plus aujourd'hui, la télé-réalité ayant remplacé les débats trash qui cartonnaient à la fin du XXe siècle. Parfois aussi violents que vulgaires, truffés de mots grossiers, de comportements limites et de sprays à spaghettis pour carnaval. Alors «maintenant, Christophe, séquence émotion», lance Drucker. «Parce que nous allons écouter tes filles» et que les deux-trois inévitables larmes qui ont suivi disent l'homme, le vrai (voir la séquence sur Télé Star).

Une «séance d'auto-paluchage»

Au site Non Stop People, l'animateur «déchu», «alors que tous les invités de la journée s’accordaient à dire» qu'il «était un bourreau de travail et qu’il manquait à la télévision française» ne s’y retrouve pas. Christophe Dechavanne aurait, semble-t-il, un début d’explication, donné au Figaro: «Il faut le demander aux patrons de chaîne. J’ai entendu dire que j’étais trop vieux – je propose à ceux qui le disent de venir sur un tatami»... «Vous nous manquez, Monsieur Dechavanne, revenez vite pour remplacer Hanouna qui ne vous arrive pas à la cheville», rétorque une lectrice de Closer.

Reste cependant cette désagréable impression que depuis 1974, tous ces braves gens ne se sont appliqués qu'à une seule chose: s'émanciper de la tutelle d'un ORTF soi-disant léthargique en permanence. Pour aboutir, quarante ans plus tard, à cette «séance collective d'auto-paluchage» sur canapé rouge, comme le dit @EY29340 – un ancien de l'Office de la radio-TV gaulliste, justement – sur Twitter. Ce à quoi fait écho @malouinthetube:

Et nous, ça nous apprendra à ne pas avoir tiré les leçons du Vivement dimanche du 17 avril, une semaine auparavant:

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© Gabioud Simon (gam)