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Une photo publiée avec le hashtag #Jaimemesanimaux.
© Twitter.com/AgriSkippy

Du bout du lac

Antispéciste, tu perds ton sang-froid

OPINION. Alors que des éleveurs de la Creuse disent aimer leurs animaux se déchaîne contre eux la fureur des véganes. Ils oublient pourtant une chose importante, selon notre chroniqueur: les vaches ne sauraient pas se débrouiller toutes seules

C’est vrai, ce titre me titillait depuis longtemps. Pour tout vous dire, j’ai failli le dégainer fin avril, quand les vitrines des boucheries genevoises volaient en éclats, caillassées par les plus vigousses des militants hypoprotéinés de l’égalité animale. Mais une actualité en chassant une autre, et constatant que les caillasseurs s’étaient déjà vu gratifier d’une couverture médiatique intarissable, j’avais préféré parler d’autre chose.

Tout sourire avec sa ruminante

Alors cette semaine, puisque l’occasion se représente, pas question de la rater. En réaction aux messages de haine distillés urbi et orbi à leur encontre – dans la glose antispéciste, l’éleveur de bétail est un tortionnaire, le boucher un bourreau, le carnivore son complice – une poignée d’éleveurs de la Creuse ont décidé de contre-attaquer sur les réseaux sociaux. Avec une campagne de selfies dûment hashtaguée #Jaimemesanimaux, consistant à poser tout sourire avec une ruminante.

La réaction des véganes ne s’est pas fait attendre: volée de bois vert (vous noterez que la métaphore est respectueuse de la cause) contre ces salauds d’éleveurs et déferlante de tweets assassins, images d’abattoirs à l’appui. Autant de variations plus ou moins inspirées sur le même thème: «#Jaimemesanimaux? Vaste blague! Quand on aime on ne tue pas, le véganisme est le nouvel anti-esclavagisme, ouvrez les yeux, honte à vous.» Une riposte synthétisée par le dénommé @EddyKaiser: «Aimer, c’est laisser vivre.»

Sur le papier, comment lui donner tort? Aimer, c’est laisser vivre. C’est d’ailleurs mus par une compassion saine et légitime envers les animaux d’élevage industriellement maltraités que nombre d’adolescents dénoncent aujourd’hui le spécisme, là où leurs parents combattaient le racisme.

Et «Mort aux vaches!», alors?

Le problème (vous avez encore deviné qu’il y avait un problème), c’est que cette nouvelle génération engagée déchanterait assez vite si, par hypothèse, elle devait gagner son combat. Réfléchissez-y: dans un monde parfaitement antispéciste, c’est-à-dire ayant renoncé à toute forme d’exploitation animale, les vaches, les veaux, les moutons, les brebis, les agneaux, les porcs ou les poulets ne seraient effectivement plus maltraités. Pour une raison simple: ils n’existeraient plus.

Sauf à imaginer qu’un troupeau de Simmental particulièrement débrouillardes parvienne à s’organiser pour survivre tout seul entre les loups et les bretelles d’autoroutes, la victoire de l’antispécisme éradiquerait probablement l’essentiel des animaux d’élevage de la surface de la Terre. Pourtant, curieusement, «Mort aux vaches!» ne figure pas encore parmi les slogans retenus par les militants. Allez comprendre…


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