La Chine détient arbitrairement nombre d’avocats des droits de l’homme, en secret dans des cas extrêmes, lorsque le régime estime que leur pratique entre en conflit avec ses intérêts. L’action la plus spectaculaire reste à ce jour la «répression 709». Le 7 juillet 2015, plusieurs centaines d’avocats et de défenseurs des droits avaient été détenus ou persécutés. Certains furent torturés ou maltraités durant leur détention. Depuis, il semble que le pouvoir a mis au point une nouvelle procédure pour faire taire les avocats des droits de l’homme. Il s’agit de les priver de leur moyen de subsistance en réexaminant, en retirant ou en suspendant leur permis professionnel et leur droit d’exercer leur métier. On peut diviser cette «stratégie» en trois parties.

D’une part, les avocats sont soumis à un contrôle à travers un système d’évaluation annuelle. C’est la révision. Selon les articles 58 et 59 des «mesures administratives concernant les cabinets d’avocats» («Administrative Measures for Law Firms») publiées par le Ministère de la justice de la République populaire de Chine, les avocats et les cabinets d’avocats exerçant en Chine continentale doivent se soumettre à un système d’évaluation annuelle administré par le Département de la justice (Justice Bureau) et l’Association des avocats de la Chine (All China Lawyers Association ou ACLA – l’association officielle qui gère les avocats en Chine). En résumé, les licences des praticiens du droit ainsi que celles des cabinets d’avocats sont soumises à un renouvellement annuel sous le contrôle des autorités gouvernementales. Il arrive fréquemment que le renouvellement des licences des avocats spécialisés en droits de l’homme soit refusé sans que le motif en soit précisé. En devenant une cible de la répression, l’avocat est menacé de ne plus pouvoir poursuivre sa carrière. La Chine se distingue en cela de la plupart des juridictions dans le monde.