Digitale attitude

Appelez un(e) Suédois(e) au hasard

Pour vanter les charmes touristiques de la Suède ou aider les malvoyants danois, deux initiatives ont été prises en Scandinavie en vue de promouvoir le microbénévolat via son smartphone

Pour fêter le 250e anniversaire de l’abolition de la censure et son inscription dans la Constitution, la Suède, par le biais de son office du tourisme, a introduit un numéro de téléphone (le ++46 771 793 336) qui invite n’importe qui, où qu’il soit dans le monde, à appeler un Suédois au hasard, pour lui poser des questions sur son pays.

L’initiative, baptisée The Swedish Number, a reçu en quinze jours 97 513 appels provenant de 170 pays, et 17 000 Suédois se sont portés volontaires. Sans hésiter, j’ai composé le numéro à mon tour. Mon interlocuteur en décrochant a d’abord été surpris, car il venait, quelques instants auparavant, de télécharger l’application lui permettant de devenir ambassadeur. Il ne s‘attendait pas à être sollicité de sitôt! A ma question «Quel est le meilleur moment pour venir en Suède?» il a répondu avec humour: «Pas aujourd’hui, il fait trop froid.» Puis il a précisé que le mois de mai était magnifique. Lors de nos échanges, j’ai appris que cet homme retraité, habitant près de Stockholm et aimant jouer au golf s’était porté volontaire pour répondre au téléphone parce qu’il aimait l’esprit de cette campagne.

Même le premier ministre, Stefan Löfven, se prête au jeu, comme en atteste la vidéo ci-dessous, où plusieurs de ses conversations ont été filmées. A chaque fois qu’il se présente, il a droit à un silence suivi de: «Vraiment?», «C’est sérieux?», «Ce n’est pas une blague?» Une opération de relations publiques réussie qui donne une image sympathique des Suédois et de leur dirigeant.

Cela rappelle une autre initiative, émanant du Danemark, permettant de venir en aide aux malvoyants. Selon le même principe, il faut télécharger l’application BeMyEyes, entrer son numéro de téléphone et sa langue de prédilection. Puis attendre de recevoir un coup de fil de manière aléatoire. Si vous décrochez à temps, une connexion par vidéo vous permettra d’assister une personne handicapée de la vue. Par exemple, en l’aidant à choisir entre deux pull-overs, en déchiffrant pour lui la date de péremption d’un aliment, ou encore en le guidant pour trouver l’entrée d’un immeuble.

Voilà deux exemples de microbénévolat où l’on donne généreusement quelques minutes de son temps pour venir en aide à quelqu’un.

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