Vous l’avez sans doute remarqué, ces derniers jours, lors de repas de famille ou en discutant avec des amis: l’application de traçage du virus commence à susciter des débats passionnés. Le logiciel, qui franchit ce lundi une étape majeure en étant testé à grande échelle en Suisse, ne sera pas lancé avant mi-juin pour tous. Mais il oppose déjà deux camps. D’un côté, ceux qui estiment que tous les moyens doivent être déployés pour lutter contre la pandémie. Le risque de livrer trop d’informations privées? Quelle importance, affirment-ils, Google & Co en savent déjà tant sur nous.

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En face, les personnes critiques de cette application ne supportent justement plus cette surveillance massive réalisée par les géants de la tech. Certes, mais ne s’agit-il pas cette fois-ci d’une application suisse conçue, dès son origine, pour respecter la vie privée? Peu importe, affirment-ils: trop c’est trop. Les opposants à cette app évoquent des risques de dérive, un outil technique peu fiable et une trop grande foi portée en la technologie.

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Il faut écouter ces critiques, qui vont aller crescendo ces prochains jours à mesure que l’application se rapprochera de son lancement officiel. Car malgré toutes les précautions prises par les équipes de l’EPFL, mais aussi Google et Apple – dont on ne doute, pour ce sujet, pas de la bonne foi – le risque zéro n’existe pas. Il y aura peut-être des soucis, des bugs et des problèmes à corriger.

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Et il faudra surtout se souvenir – et ses initiants le reconnaissent très volontiers – que l’application de traçage n’est qu’un tout petit élément dans la lutte contre le coronavirus. Les gestes barrières, la distanciation sociale et surtout les enquêtes menées (sans technologie) par des médecins pour contacter les personnes susceptibles d’avoir été en contact avec une personne malade: là sont les armes les plus puissantes contre le virus. L’application de traçage n’est qu’un élément de ce combat.

Ne la surestimons pas et n’en attendons pas trop. Mais il vaut la peine de lui laisser sa chance, tant son élaboration technique et la base légale sur laquelle elle va s’appuyer sont solides. Le «Swiss made» n’est pas une garantie de succès, mais c’est une garantie de sérieux.

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