Faut-il désormais penser n'importe quelle tâche en prenant en compte comment l’intelligence artificielle pourrait nous aider à l'accomplir? Alors que les ordinateurs envahissent chaque aspect de nos vies, il faudra bientôt constamment se poser la question de ce qu’il faut faire soi-même, déléguer à quelqu’un d’autre ou faire faire par une intelligence artificielle. Cela remet en cause une bonne partie de l’organisation en entreprise mais aussi des pratiques sociales, voire familiales et intimes. Qui s'occupera le mieux vos prochaines vacances: vous-même, votre partenaire, une agence de voyage ou un assistant virtuel? 

Dans l’entreprise, il faut penser par strates et se poser la question constamment de ce qui sera le plus efficace. C’est ce que l’on appelle la pensée computationnelle, soit l’appréhension des problèmes afin d'envisager comme un ordinateur pourrait les résoudre. Dans le monde de l’éducation, la question ne se pose plus. On formera toujours plus de gens qui doivent être capables de dépasser les difficultés en pensant en dehors du cadre et en utilisant les nouveaux outils à disposition.

Pour cela, il faut appréhender les problèmes avec une logique de visualisation, à la fois des embûches à régler et de l'objectif que l’on souhaite atteindre. Bref, une approche très organisée de résolution des problèmes au fur et à mesure qu'ils se posent avec, dès le départ dans l’équation, des capacités de collaboration, de créativité et de communication. Toutes les grandes écoles avancent à grande vitesse sur cette question. 

Dans la vie de tous les jours, nous n’en sommes pas encore là, dans bien des cas. "Sans même parler de coder, si tout le monde savait déjà créer des fichiers partagés et remplir des tableaux dynamiques, nous aurions fait un grand pas», s’exclamait une responsable de Google au WEF à Davos. C'est une réalité crue. Même si le code se voit désignée comme le nouveau langage universel que chacun devrait maitriser à l'ère numérique, ceux qui détiennent cette compétence sont encore bien peu nombreux.

Il y a toutefois une autre manière d'envisager les choses. L’informatique a déjà beaucoup changé nos comportements dans la gestion de projets. Par exemple, le fait de tester et affiner une solution plutôt que de croire que ce que l’on sera génial du premier coup, c’est typiquement une approche technologique. Elle n’implique même pas d’utiliser un ordinateur et fait déjà partie de la résolution de problèmes dans la plupart des entreprises. Même si on ne maitrise pas tous le code, on sait déjà penser comme des ordinateurs.