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Un drapeau des Bermudes, juridiction britannique d’où émanent la plupart des informations publiées sous le nom de «Paradise Papers».
© CJ GUNTHER / EPA / Keystone

Editorial

Que nous apprennent les «Paradise Papers»?

EDITORIAL: Neuf ans après la crise financière, les paradis fiscaux semblent se porter comme des charmes. Parce qu’ils servent d’huile dans les rouages de la mondialisation

Le rituel est devenu un peu routinier. Année après année, des fuites de données de plus en plus massives venues des paradis fiscaux prétendent révéler les secrets financiers des super-riches, des multinationales ou des célébrités.

Au départ, on aurait pu penser que ces coups de boutoir répétés auraient raison de places dont le secret était le seul argument de vente. C’était une erreur. Neuf ans après la crise financière et le démantèlement du secret bancaire en Suisse et ailleurs, les centres offshore semblent se porter comme des charmes.

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C’est d’ailleurs le principal enseignement des «Paradise Papers», nom médiatique de la dernière livraison d’informations confidentielles. Loin des fraudeurs du fisc ou des blanchisseurs d’antan, la clientèle des places offshore réunit désormais des clients bien sous tous rapports, de la reine d’Angleterre aux géants de la Silicon Valley. Leurs transactions ne sont pas criminelles, simplement sophistiquées, intransparentes, à la limite de l’incompréhensible.

Surtout, se défendent les adeptes des paradis fiscaux, elles sont «normales» et universellement acceptées. Pourquoi? Parce que les structures offshore ont une fonction centrale dans l’économie globalisée. Celle de rouages fins, qui permettent de faire interagir les systèmes juridiques les plus différents. Défiscalisés, faciles à créer et à jeter, ces véhicules servent à presque tout: prendre des participations sans se faire repérer, distribuer les profits, cristalliser des arrangements entre actionnaires. Les paradis fiscaux sont devenus un terrain neutre sur lequel chacun peut se retrouver, pactiser et prospérer.

On est loin du manichéisme des ONG qui dénoncent aujourd’hui un «nouveau scandale de l’évasion fiscale» – alors que les révélations portent essentiellement sur des transactions légales. Les pays «onshore», c’est-à-dire ceux qui ne sont pas des micro-Etats à fiscalité nulle, sont d’ailleurs parfaitement au courant de la situation. C’est grâce à leur consentement que les paradis fiscaux existent. Au risque de créer des situations aberrantes, comme celle de l’île de Man où près de 1000 jets privés auraient été importés pour éviter la TVA, en profitant des accords fiscaux au sein de l’Union européenne.

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Face à ces dérives, les Etats ont les moyens d’agir. En imposant, progressivement, la transparence sur les bénéficiaires réels des transactions, qui fait aujourd’hui défaut. Avec l’objectif qu’un jour, il n’y ait plus besoin de fuites de données géantes pour savoir ce qui se trame dans les paradis fiscaux.

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