Opinion

Après la «guerre des psys», la «paix des psys»?

OPINION. En tant que psychologue et psychiatre, Stephan Wenger et E. Gilliéron partagent la conviction, renforcée par le nouveau modèle du Conseil fédéral, de la nécessité d’une communication permanente et horizontale entre disciplines, avec la santé des patientes et des patients comme priorité

Le Conseil fédéral a exprimé sa volonté d’améliorer l’accès à la psychothérapie. Il se préoccupe de la santé psychique des suisses. Il était temps: la moitié de nos concitoyens souffriront au moins une fois dans leur vie d’un trouble psychique nécessitant un traitement. Or, à ce jour, le système, qui combine pénurie de psychiatres, manque de relève et barrières à l’accès aux psychologues (contraints d’être employés et surveillés par un psychiatre, bien que parfaitement formés et compétents), induit de longs délais d’attente, avec de lourdes conséquences: souffrances chroniques, physiques, répercussions néfastes sur l’entourage et dépenses additionnelles pour un système social et de santé déjà coûteux.

La solution, qu’a bien comprise le Conseil fédéral, est de permettre aux psychologues de proposer leurs services librement, notamment dans les régions de déserts de «psys». Leurs psychothérapies devraient être remboursées par l’assurance de base, à condition d’avoir été prescrites par un médecin (généralistes, pédiatres, etc.). Psychiatres et psychologues quittent donc un modèle de surveillance des premiers sur les seconds, pour former… un nouvel «ensemble».